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Samedi 6 juin 2009
De nombreux auteurs (V. Benard, F.Richard, C. Reichman),  découvrent, plus ou moins récemment, l’analogie stupéfiante entre le principe de la retraite par répartition et un système de Ponzi - un “jeu pyramidal”. Ce type de jeu refait surface souvent, depuis les jeux innocents (envoie une carte postale à 4 de tes amis, leur demandant de faire la même chose chacun: tôt ou tard, tu recevras des dizaines de cartes postales en retour) jusqu’aux jeux malsains: la faillite de Madoff etait un jeu pyramidal, les “subprimes” étaient un jeu pyramidal.
Normalement, un  jeu pyramidal est assimilé à une escroquerie et, de ce fait, à un délit pénal.
Le système de retraite par répartition en a toutes les caractéristiques mais... il est légal.

Il a même droit aux louanges des apôtres de la “solidarité entre générations”.
Or, il est évident que, en termes de “générations”, il a... tous les stigmates du mensonge et de l’escroquerie: en résumé, la génération des adultes actuels se promet - à soi-même! - pour plus tard, un argent... que d’autres (les enfants actuels) devront lui payer. Cette simple façon de voir les choses devrait couper court à toute velléité en faveur d’un tel système: il n’a aucune base morale défendable. Nul ne peut promettre quelque chose qui n’est pas à lui, au moment ou la promesse est faite.
Certes, les apôtres de la “solidarité entre générations” pensent surtout à LEUR générosité actuelle à l’égard de ceux qui sont dans le besoin aujourd’hui. Ce que j’accepterai volontiers si cette “générosité” n’était pas assortie de la promesse d’un “retour sur investissement”.

En fait, le problème, avant d’être arithmétique et “économique” (calculs complexes sur le nombre actuel et futur de payeurs versus de receveurs, etc.) est surtout un problème de confusion et de mélange de concepts. (je ne cesse de croire qu’il n’y a pas de dispute entre bons économistes: il n’y a que des disputes entre piètres philosophes).

Explication:
Derrière un “modus operandi” (retraite par répartition ou par capitalisation) il faut toujours chercher le fondement conceptuel.
Quel est le “concept” (l’idéologie fondatrice) de la retraite par répartition ?
La répartition, en pratique, signifie que ceux qui génèrent de la richesse (au présent!) donnent une partie de leurs gains à ceux qui n’en créent pas (toujours au présent!) afin qu’ils survivent. Il s’agit donc d’un acte de pure générosité, de pure solidarité inter-humaine. Soit.
Remarques:
  1. 1. Si c’est ainsi, il n’en découle aucune obligation, pour qui que ce soit, de “rendre la pareille” à ceux qui, aujourd’hui, sont “généreux”. Du moins, aucune obligation “contractuelle”. Sinon, il ne s’agit plus de générosité mais “d’investissement” (autrement dit, on tombe, subrepticement, dans une logique de “capitalisation”). Certes, on peut admettre l’obligation “morale”, mais celle-ci, par statut, ne peut pas être imposée par la Loi.
  2. 2. Toujours dans la même optique, cela veut dire que les receveurs d’aujourd’hui bénéficient de cette générosité en vertu EXCLUSIVEMENT de leur qualité d’être humain. Auquel cas, la distribution de cette manne parmi les receveurs devrait être strictement égalitaire (que je sache, la qualité d’être humain est la même pour tous les potentiels receveurs). Est-ce le cas ? Non, comme tout le monde le sait.

Conclusion: l’erreur fondamentale est de croire que les systèmes de retraite dits “par répartition” le sont réellement, et qu’ils seraient opposés aux systèmes dits “par capitalisation”. Au fond, les systèmes “par répartition” sont des systèmes “par capitalisation” faux-cul:
  • - on cotise aujourd’hui afin d’acquérir des droits pour demain (logique “d’investissement”)
  • - les droits ainsi gagnés sont différents et proportionnels avec le montant des investissements passés (logique de “retour sur investissement”).

La logique interne (l’idéologie) est celle d’un pur système de “capitalisation”, sur laquelle on plaque un “modus operandi” financier... de répartition. Dés lors, l’identité avec un jeu pyramidal est consommée.

Si le lecteur accepte mon raisonnement, il sera bien obligé d’admettre que:

  1. 1. Cette discordance entre “idéologie” et “mode opératoire” est probablement la source de beaucoup de malentendus. Elle est également la source profonde des dysfonctionnements de ces systèmes.
  1. 2. Les calculs “économiques”, fussent-ils complexes, ne résoudront jamais le dilemme car ils ignorent un fait qui me parait fondamental: les “mécanismes économiques” à l’oeuvre ne sont pas “neutres”, idéologiquement parlant.
  1. 3. Un “système” ne peut fonctionner que s’il y a cohérence conceptuelle entre l’idéologie fondatrice et mode opératoire.


Un système “par répartition” peut-il fonctionner ?
Si mon raisonnement est correct, la réponse est Oui... peut-être.

Dans quelles conditions ?
  1. 1. Admettre qu’un système “par répartition” n’est cohérent que dans une logique de pure “redistribution”, au présent. Et que cette redistribution ne peut se justifier que par la “pure” solidarité inter-humaine.
  1. 2. Par conséquent, il ne peut y avoir aucune promesse de “retour sur investissement” à l’égard de ceux qui, aujourd’hui, sont donneurs.
  1. 3. Egalement, la répartition, aujourd’hui, parmi les receveurs, ne saurait être que purement égalitaire.

Qu’on utilise l’expression de “solidarité” ou bien “d’assistance”, peu importe. Le fait devient clair: il n’y a aucune “assurance” dans un tel mécanisme (l’auteur de ces lignes pense qu’une “assurance” ne peut exister que dans un environnement libre, concurrentiel et marchand. Le concept d’assurance “sociale” lui parait une fumisterie, une “contradictio in adjecto”. L’Assurance-Vieillesse française en est un exemple typique: l’article vient d’en démontrer l’absurdité et le côté “schizophrène”).

Tout au plus, pourrait-on envisager un obligation légale sous forme de:
  • - annuellement, x% du PIB est consacré à cette solidarité
  • - le système ne peut pas donner, annuellement, plus qu’il n’en reçoit.
Ces obligation ne nuiraient pas structurellement à la nature “solidaire” et “non-marchande” de la chose: il est clair que nul ne saurait parier exclusivement sur le pouvoir d’achat qui lui est ainsi “promis”, pour ses vieux jours.

Au-dessus de ce “seuil minimal”... la nature humaine semble plus encline au systèmes de prévoyance “par capitalisation”. Systèmes qui ne peuvent en aucun cas être obligatoires, ni sur le fond ni sur les modalités de capitaliser.


Le système de retraite français actuel repose donc sur:
  • - une discordance fatale entre idéologie réelle (capitalisation individuelle) et mode opératoire (redistribution “transversale”, au présent). Aucun calcul ou montage financier savant ne pourra le sauver de ce “hybris” fondateur.
  • - un mensonge permanent, car cette idéologie de capitalisation individuelle s’associe à une réthorique solidariste. (de surcroît, mettant l’accent sur la solidarité “entre générations” alors même que, justement, ce point de vue “générationnel” est celui depuis lequel l’arnaque - des “vieux” à l’égard des “jeunes” - est la plus flagrante).

Confusion et mensonge: quel avenir ?
Par Andrei LUDOSAN
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Mardi 2 juin 2009

Mon fils fait du rugby. Rien de spécial à cela.

Hier, il participait à un tournoi pour enfants. Dans la ville X. L’équipe de mon fils, pas si mauvaise, arrive à jouer pour les premières places. Et rencontre dans cette phase finale l’équipe de la ville X (autrement dit, les hôtes). L’équipe hôte est également une bonne équipe. Le match est assez serré, au départ. Puis… l’arbitre (également de la ville X) "offre" à l’équipe hôte deux essais, en fermant les yeux sur deux en-avant flagrants. Du coup, mon fils et ses co-équipiers "perdent les pédales": ils agressent les adversaires, le match dégénère. Le match finira tant bien que mal (avec la victoire de l’équipe hôte, bien sûr).

Deux heures plus tard, on a encore du mal à calmer la colère et le dégoût des enfants. Surtout, on manque d’arguments à opposer à leurs conclusions : en déplacement, ça ne sert à rien de vouloir bien jouer : les arbitres donneront toujours la victoire à l’équipe hôte. En déplacement, la seule chose possible serait seulement de « faire payer cher » aux hôtes leur victoire. Et, éventuellement, de leur casser les douches et les vestiaires, en signe de révolte. D’autant plus que les festivités de remise de médailles ont commencé, comme il se doit, par un hommage appuyé à l’égard de l’excellent travail des organisateurs et des arbitres.

Ceci concerne des enfants de 13 ans. Nulle trace de "banlieue chaude", ni de "milieux sociaux particulièrement défavorisés" dans cette histoire.

Plus tard, ces enfants, devenus adolescents, découvriront d’autres vertus de l’Autorité et de l'application du Droit. Ils passeront peut-être une nuit au commissariat pour avoir chanté trop fort au milieu de la rue, en sortant d’une fête. En même temps, ils apprendront que le fils du Maire, surpris en train de vendre de la drogue, aura bénéficié d’un interrogatoire fort courtois – hors commissariat, de préférence – et qu’il finira par bénéficier d’un non-lieu.  

Encore plus tard, ils apprendront qu’une mère seule, smicarde, surprise en train de voler un kg de riz au Supermarché, aura été condamnée à 3 mois de prison. En même temps, Mr le Maire, coupable d’avoir dilapidé la caisse publique de 1-2 Millions en sa faveur, bénéficiera d’un non-lieu.

Etc.

De temps à autre, ils liront dans la presse locale ou nationale combien les efforts de Mr le Maire (entièrement dévoué à la « chose publique », nul doute !) sont dignes d’admiration, ou bien combien les représentants de la Justice et de l’Etat sont dignes des louanges inconditionnels de la nation.

La "morale" de cette histoire ? Les enfants l’ont comprise. Quid des adultes ? 

Par Andrei LUDOSAN
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Samedi 23 mai 2009

Médecin, en train de finir un Master en Economie et Management de la Santé, je découvre avec stupéfaction la Loi HPST. Aussi bien le contenu que la manière me paraissent ahurissants.

 

Sur le contenu : les mesures proposées – notamment celles visant la distribution FORMELLE des pouvoirs (pouvoirs du Directeur d’Etablissement, pouvoirs des ARS, etc.) – seraient, au mieux, adaptées à des organisations « mécanistes » (selon la terminologie de Mintzberg). Je dis « au mieux » mais en réalité, même dans la fabrication de pneus – activité répétitive, à la chaîne – on abandonne les structures hiérarchiques trop « verticales » et rigides.

Ainsi donc, on propose une solution (le renforcement des pouvoirs hiérarchiques « verticaux ») qui n’est plus d’actualité et, qui plus est, dans un domaine (l’activité médicale) ou ce type de solution n’a JAMAIS été approprié. Ca revient à proposer un médicament dépassé et, qui plus est, dans une maladie pour laquelle l’usage de ce médicament est notoirement absurde. Le médecin qui ferait ça passerait pour un fou. En politique et « management »… l’échec de la « thérapie » sera certainement imputé au malade  (la Réforme était bonne mais les sujets indignes n’ont pas compris le génie du Chef).

 

Sur la forme : sans pour autant porter dans mon cœur toutes les assertions scholastiques sur la Stratégie et sur la Conduite du Changement, je suis stupéfait de voir à quel point on peut ignorer des notions pourtant basiques. En occurrence : quelle Vision la Loi propose-t-elle ? Je mets au défi quiconque de m’énoncer la Vision de cette Loi – surtout la Vision proposée par les promoteurs de cette Loi ! Je rappelle aussi l’abécédaire en la matière : il faut que cette Vision soit énoncée en quelques phrases, dans un langage compréhensible par le moindre boucher sur la Place du Marché.

A défaut, tout le monde saura m’énoncer la Vision de la Loi-Réforme, telle que définie par …ses detracteurs : l’image qu’en donne un André Grimaldi est parfaitement compréhensible (bien que fausse). Pareil pour la CGT, pareil pour… tout autre « interprète » occasionnel. La nature a horreur du vide…

Il est à noter que TOUTES les manifestations contre cette Loi brandissaient des slogans se référant… non pas à la Loi mais à l’image qui en a été donnée par ces interprètes de fortune. Ce qui est normal : combien ont-ils lu la Loi ? 60 pages de novlangue juridique ( le texte de Loi), doublées de 60 pages de novlangue politico-administrative ( la « justification » officielle de la Loi) c’est illisible, même pour les plus volontaires. Et même si on lit la Loi, combien la comprendront-ils « correctement » ? La preuve, c’est que même les « spécialistes » sont en désaccord sur la portée et les significations possibles du texte.

 

La suite était parfaitement prévisible : «la valse des erreurs».

Mr Grimaldi hurle contre l’hôpital-entreprise et les syndicats marchent derrière lui. Pour l’amadouer, Mme Bachelot repousse l’application de la T2A dans les hôpitaux à…2018 ( lire « aux  calendes grecques », selon les propos d’un éminent porte-parole de la Fédération Hospitalière de France).  Pour mémoire : l’application de la T2A (version française des DRG) aux hôpitaux – prévue initialement pour 2012 – découlait d’accords conclus en…2007. Rien à voir avec l’actuel projet de loi HPST.

Qui plus est, les griefs de Mr Grimaldi sont totalement débiles. Il est, je n’en doute pas, un excellent diabétologue. En matière économique et sociale, en revanche … Mais il est connu qu’en France, on demande à Sarkozy d’être un bon sportif (raison pour laquelle il fait du jogging en public ?) et à Bernard Laporte de faire la POLITIQUE du sport. Le résultat est discutable, dans les deux cas.

 

En revanche, il y a unanimité (ou presque) pour saluer… les aspects « soviétisants » de cette Loi. Rappelons que la Lois HPST donne un pouvoir ABSOLU, au niveau régional, aux fameuses Agences Régionales de la Santé (et, incidemment, au directeur d’Agence). TOUTE l’activité sanitaire régionale sera dépendante du bon vouloir de cette Agence : l’activité publique mais également l’activité « libérale ». L’installation de toute activité médicale (clinique, cabinet individuel, etc.) pourra être conditionnée par le respect des conditions posées par l’Agence. A défaut… pas d’autorisation de fonctionnement.

 Il faut bien l’admettre : dans une telle configuration, plus rien ne séparera le paysage sanitaire français de la NHS britannique et/ou d’un système soviétique.  Evidemment, tout cela vise "une meilleure coordination de l’offre de soins", pour "répondre aux besoins de santé". Même un économiste de la santé pourtant pas spécialement favorable aux idées « libérales » (en occurrence, Jean de Kervasdoué) hurlerait (il l’a déjà fait) devant cette hérésie intellectuelle qu’est le concept de « besoins de soins ». Ils sont potentiellement infinis. Nul ne sait dire, actuellement, quels sont les « besoins » en la matière.

Les dépenses sanitaires, dans tous les pays au monde, augmentent (en pourcentage du PIB/capita) au fur et à mesure que ce revenu augmente ( la croissance des dépenses de santé est plus grande que celle des revenus). Ceci est un CONSTAT.  Or n’importe quel étudiant ès économie a appris que les biens qui manifestent ce comportement sont dits « supérieurs ». Ca concerne généralement les « biens de luxe et de confort ». Ergo : dans les dépenses de santé, il y a beaucoup de « luxe et confort » et peu de « nécessité vitale, basique ». Du moins, dans les pays riches comme la France. En toute logique, il conviendrait donc de parler plus humblement de « demande de soins » ( fût-elle « nécessité vitale » ou bien « loisir »).

Au-delà, les analyses sont plutôt idéologiques que réellement scientifiques. Cette demande explose-t-elle parce que les gens y consacreraient volontiers des sommes de plus en plus grandes, même dans un contexte de marché libre, ou bien l’existence même des assurances (surtout des assurances « socialisés », ou la prime individuelle est indépendante du risque financier individuel) en est le principal moteur ? Il n’existe aucun moyen d’y répondre car nous ne connaissons aucun pays riche ayant fait le choix, en la matière, d’un système exclusivement marchand. Le cas USA est… parfaitement non contributif à ce propos : plus de la moitié des dépenses de santé sont « socialisés » et, par ailleurs, comme en Europe, il y a des barrières à l’entrée énormes, du côté des producteurs des soins.

Quelle qu’en soit la réponse, cela devrait, logiquement, pousser à un débat de fond (idéologique) sur la nature et l’étendue du concept de « protection sociale ». Faut-il un mécanisme « socialisé » pour accéder à des biens « de luxe » ? Ou bien : si la « protection sociale », par sa nature même, est un facteur d’explosion des dépenses, peut-on la « soutenir » indéfiniment, sans lui poser des limites ? Comment définir ces limites, le cas échéant ?

Etant donné que de tels débats paraissent – à tort ou à raison – impossibles à soulever, nos chers politiciens hexagonaux nous ont pondu une n-ième version du tout-planifié. Sans aucune base conceptuelle. Pire encore, au mépris de toutes les évidences empiriques disponibles. On sait simplement que, dans tous les autres domaines de l’économie, le planisme et le tout-étatisme ont fait la preuve de leur dangerosité. J’attends toujours qu’on m’explique pourquoi dans le domaine sanitaire – à contrario des autres – l’interventionnisme étatique serait non pas seulement inoffensif mais carrément souhaitable.

 

Par Andrei LUDOSAN
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Jeudi 20 mars 2008

Si nôtre petit plaidoyer en faveur du marché et des spéculateurs aura paru un tant soit peu sensé, on peut se demander comment se fait-il que les “étatistes” et autres “tribuns populaires” soient si farouchement opposés au libéralisme. Nôtre plaidoyer ne fait pas appel à des concepts outrageusement complexes ou abstraits...
Mon impression est que le problème est psychologique, et nullement intellectuel. Et que, de surcroît, la réponse n’est nullement “cachée”: au contraire, elle est visible et affirmée explicitement.
Regardons, pour commencer, les deux hypothétiques solutions “anti-spéculateurs” que j’ai imaginé. (Elles ne sont pas si hypothétiques que cela. La taxation des profits fût ardemment défendue par Attac et par quelques éminents politiciens français - de droite comme de gauche. Plus récemment, un gouvernement de droite vient de plafonner la hausse des loyers - en indexant la hausse des loyers sur l’inflation, ce qui est une stupidité économique qui ferait rigoler n’importe quel étudiant...). Regardons donc ces hypothèses: leur point commun c’est qu’elle visent clairement... à empêcher “le spéculateur” de s’enrichir. Le but explicite est donc de nuire à quelqu’un, et non pas de faire le bien de qui que ce soit. J’ai d’ailleurs appelé, involontairement, ces solutions “anti-spéculateurs”. Ce ne sont pas des solutions “en faveur de” quelque chose mais “contre” quelque chose.
Regardons maintenant tous les “alter-mondialistes”, “gauchistes”, “josébové-istes” et autres factions du genre. Ils n’ont jamais réussi à se mettre d’accord sur une seule proposition “positive”. Les seules affirmations sur lesquelles leur consensus est acquis d’avance c’est qu’ils sont “anti-libéraux”. Et “contre” la mondialisation. Et “anti”-américains.
Lors des élections présidentielles françaises de 2007, plusieurs mouvances du genre ont même voulu se regrouper dans un “front uni anti-libéral”. Et j’ai pu entendre un éminent membre du Parti Socialiste fonder son “discours” sur le fait d’être “contre” le "grand capital" et “contre” la “spéculation financière”.

Généralement bruyants, prêts à défiler dans les rues (et, à l’occasion, affronter la Police)... tous ces gens ont, en fait, un dénominateur commun: ils sont “contre”. Leur idéation ne vise pas à “faire du bien” (ni même à eux-mêmes) mais à “faire du mal” à “l’adversaire”. C’est donc surtout une psychologie de haine. L’objet de cette haine est d’ailleurs éminemment variable: tantôt “le libéralisme”, tantôt “la mondialisation”, tantôt “l’américanisme”.... La substitution d’un objet à un autre s’opère d’ailleurs sans aucun égard à la logique la plus élémentaire: les USA et le libéralisme sont synonymes et donc haïssables... même quand George Bush jr. se fait élire sur la base d’un “discours” passablement isolationniste (donc structurellement non-libéral).

On s’échine donc inutilement à chercher une “logique”. Il n’y a pas de “rationalité” mais simplement un sentiment de haine, et donc à une seule intention fondamentale et primordiale:“nuire” à autrui. Au risque de me répéter, je ne connais, en ce qui les concerne, aucune définition “positive”, “en faveur de...”. On est “contre” les OGM, “contre” le tabac, “contre” les drogues, “contre” l’homosexualité, “contre” la pollution... Quand ce n’est pas “la gauche”, c’est “la droite”. Les “causes” - bonnes ou mauvaises - défilent en sarabande. On sort dans la rue, on s’exprime et on est brusquement exaltés aussitôt qu’il s’agit d’être “contre”.

Je laisse le soin aux psychologues et autres sociologues de nous expliquer le pourquoi de ce phénomène, et surtout de son ampleur. En attendant... les discours des libéraux, quels que soient leurs mérites intellectuels, resteront lettre morte.

Par Andrei LUDOSAN
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Jeudi 20 mars 2008

Un dialogue (de sourds) avec un collègue (socialiste à ses heures perdues) m’a poussé à...défendre les “horribles spéculateurs”.

Supposons donc que, pour diverses raisons, les prix dans un domaine flambent. Disons, dans l’immobilier. Suffisamment longtemps pour que cela devienne de notoriété (toute ressemblance avec la réalité est purement fortuite, comme tout le monde le sait).
Cela veut dire tout simplement que la demande est bien supérieure à l’offre. Les prix augmentent (réduisant ainsi la demande solvable). Les prix sont donc bien supérieurs aux coûts de production. Autrement dit, dans ce domaine, les profits sont gros. Très gros!
Qu’est-ce qu’un “spéculateur” ? C’est un type (généralement avec haut-de-forme et sourire sardonique) qui a du fric (quelle faute de goût!) et qui veut... encore plus de fric ! Un vrai salaud, qu’on se le dise.
Et comme nôtre spéculateur est aussi un type malin, il va flairer le bon filon. Il va donc investir.... dans l’immobilier, forcément. Etant donné que les salauds du genre sont assez nombreux, il y aura un afflux massif d’argent ( donc de “capital”, donc de “ressources”) vers ce domaine. Et comme ces ressources visent à produire le bien tant demandé, la production augmentera. Mais, au fur et à mesure que la production augmente, l’offre devient plus généreuse, en volume. Il faudra bien que les prix baissent, afin que les “nouveaux” produits trouvent acquéreur.... A supposer que, dans l'intervalle, les techniques de production n’ont pas beaucoup varié (donc les coûts de production sont les mêmes, par unité produite), la baisse des prix ne peut se faire qu’en réduisant les profits. La fin de ce processus sera donc le moment ou... les prix sont prèsqu’au même niveau que le coût de production.
A bien y réfléchir, c’est donc grâce aux “spéculateurs” qu’il y a eu avalanche de “ressources” vers un secteur ou la demande était forte. Ils ont donc le charme fou d’investir... là ou le peuple en a le plus besoin. Et après, on les insulte!
Plus encore, leur précipitation “spéculative” a eu pour don de ramener les prix au minimum possible (tout bénéf’ pour les revenus modestes)...en réduisant par la même occasion leur profit à peau de chagrin. A se demander si on n’est pas tombés sur la tête, quand on s’en prend à eux.

Certes, cette “régulation par le marché” n’est pas instantanée. Parfois aussi, il y a une sur-régulation (on continue à “sur-produire”, même au-delà du “point d’équilibre”: le temps de piger que l’offre est déjà sur-abondante...).

Il est évident que la colère populaire contre les “spéculateurs” aboutit à des âneries:

“Taxez lourdement les profits !”. Fort bien, mais cela veut dire que le “spéculateur” va faire ses calculs en considérant les taxes comme un “coût”. Le profit escompté étant moindre, il y aura moins d’investissements dans le secteur. Le “point d’équilibre” sera atteint plus lentement, et il sera plus élevé: un certains nombre de revenus modestes, qui auraient pu “jouer” le jeu, resteront définitivement sure le carreau cette fois.
Ainsi donc, la taxe... aura joué surtout au détriment du peuple (moins de produits, prix plus élevés)!
N’empêche, ceux qui adorent ces taxes se disent indéfectiblement amoureux du peuple...

“Plafonnez les prix !”. Excellente idée. Résultat (parfaitement prévisible!): une partie des “spéculateurs” ( ceux qui craignent la Loi).... iront voir ailleurs. Donc, moins de produits, faute de ressources. L’intervention étatique (restrictive et coercitive, afin de “réguler” et “moraliser” “les marchés”) a toujours eu le charme fou de créer... de la pénurie. Ce qui constitue une manne pour... les vrais salauds, qui adorent ça: car pénurie plus interdits sont les conditions fondamentales pour l’émergence du marché “noir”. Et là... les prix “au noir” sont d’autant plus élevés que l’interdit est fort (les prix de l’alcool durant la prohibition - ou bien le prix de la morphine de nos jours - ont été - ou sont - à la hauteur... de la prise de risque surtout).
Qui paye l’addition ? Le bon peuple: aussi bien ceux qui payent un prix exorbitant que ceux qui, faute de moyens, restent sur le carreau.
Bien sûr, là-aussi, les amateurs de “prix plafonnés” se disent grands défenseurs du bon peuple.

On peut multiplier les solutions “interventionnistes” à souhait: on aboutit toujours aux mêmes résultats. Confirmant par la même occasion l’adage: “Les socialistes aiment les pauvres. Ils les aiment tellement qu’ils en créent.” (en fait, on devrait remplacer “socialistes” par “étatistes”, tant il est vrai que les socialistes n’ont pas le monopole de ce travers qui consiste à croire que “le marché” est mauvais et qu’il faut le “réguler”).

Au fond, le marché libre est un endroit ou la volonté de chacun s’exprime... justement librement. “Le prix du marché” est... l’expression la plus synthétique et la plus aboutie de l’intérêt “du peuple” pour un sujet (produit matériel, service, etc.). “Le spéculateur”, dans cette affaire, est un excellent instrument d’allocation optimale des ressources. Le bénéficiaire final est toujours “le peuple” et, en son sein, surtout les plus modestes.
Hélas, ce discours-là, ce ne sont que les libéraux qui le tiennent. Or, tout le monde sait que les libéraux sont “le mal absolu”. La preuve? Ils aiment “le marché libre”, ils aiment “les spéculateurs”...

Par Andrei LUDOSAN
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Dimanche 9 mars 2008

Chère Madame la Présidente

En lisant vôtre interview publiée sur Agoravox le 05 mars 2008, j’ai dû m’y reprendre, tellement je fus surpris: à quelques nuances près, vous semblez souhaiter pour nôtre jeune parti... exactement la même chose que j'écrivais il y bientôt un an.
Si je retiens, comme axe “stratégique” de vôtre présidence, les propos suivants:
“Mon projet est tout à fait différent. Je souhaite qu'AL reste un parti libre, contre tous les conservateurs, de droite et de gauche. Nous sommes une troisième voie de la vie politique française. Il s'agit de marteler cette indépendance et de refuser d'aller à la course aux alliances précoces qui tueraient dans l'œuf ce que nous avons fait de ce mouvement[...]
Plus prosaïquement, si je suis élue présidente d'AL, mais aussi bien comme candidate, je crois que je serai extrêmement prudente avec toutes les déclarations de soutien à d'autres partis : l'expérience passée a montré combien ce type de déclarations pouvait être périlleux. Et je crois que, à ce stade de notre développement, ce qui prime n'est pas d'être élus, mais de nous rassembler et de renforcer notre identité. Nous discuterons soutiens et alliances le jour où nous serons assez forts pour que les autres intègrent notre programme, plutôt que de simplement "placer des gens". Avant, il ne sert à rien de s'exciter sur ces questions, il faut plutôt préférer "labourer" et nous faire connaître de nos électeurs.”

je ne peux alors que vous inviter à lire (ou relire ?) mes propos en date du mois d’avril 2007.
Rassurez-vous, je ne vous demanderai pas de “droit de pré-éminence”: je crois que vous n’avez jamais lu mon humble blog. Par ailleurs, ces idées-là n’appartiennent à personne en particulier: je n’étais pas le seul à penser ainsi, à l’époque. Au mieux, je fus parmi ceux qui les exprimèrent avec le plus de véhémence et/ou de clarté.

Je devrais donc me réjouir, en vous lisant actuellement.
Seul hic: à l’époque ou je tenais ces propos, vous et moi étions loin d’être “du même bord”.

Bon, admettons qu’il n’y a que les cons qui ne changent pas d’avis (auquel cas, je le suis peut-être car mon avis n’a pas changé...).


Cependant... la tâche ne vous sera pas aussi facile, pour plusieurs raisons:
a) Justement, les faits et propos du passé rendent “suspect” vôtre positionnement actuel. Même si vos propos actuels expriment une conviction profonde, il vous faudra être consciente qu’en ce sens vous partez avec un “handicap” de crédibilité non négligeable.
b) Si vous considérez vôtre positionnement actuel comme “juste et bon”, vous devez admettre que j’étais “juste et bon” avec un peu d’avance. Alors... autant réfléchir à d’autres propos que j’ai pu avoir, par le passé. Peut-être l’avez-vous oublié (ou ignoré), j’avais durement critiqué l’Intranet d’Alternative Libérale. Je l’avais qualifié de “stalinien”, dans sa conception et son fonctionnement: des accès plus ou moins étendus à l’information, selon le “grade” des individus au sein du parti, accès accordés par un web-master inconnu, au gré de son bon vouloir... ça rappelait furieusement une mentalité de Gestapo et non pas celle d’une assemblée de “libéraux”.  Mr Edouard Fillias (qui est, à ce que j’ai cru comprendre, vôtre mari) doit certainement avoir une trace de mon courrier adressé aux “responsables” du parti, à ce propos: en tout cas, il l’a lu puisqu’il y a répondu...

Je disais donc que les meilleures leçons se donnent par l’exemple, et qu’il est par conséquent incongru de prêcher “le libéralisme”... tout en ayant nous-même une organisation et des comportements de KGB.  En guise de réponse... mes accès à l’Intranet furent, à l’époque, drastiquement réduits ! Quelle conclusion aurais-je dû en tirer ?
En admettant donc que, là-aussi, je n’avais peut-être pas “tout faux”, que doit-on penser d’une présidence, la vôtre, dont le premier pas a été... de supprimer le dernier espace de liberté d’expression au sein du parti, à savoir les Forums de cet Intranet ?
c) Vous n’êtes pas sans savoir que, durant notamment l’année 2007, beaucoup d’antipathies, de méfiances et de suspicions se sont accumulées parmi les adhérents. Pour des raisons dites “personnelles” ( donc indignes et méprisables...). Et les “bien-pensants” de rappeler que, sur le plan “idéologique”, nous avons peu de raisons de division. Il est vrai, tant qu’on s’en tient aux déclarations pieuses (c’est ce qu’on entend par “plan idéologique”), peu d’entre nous sont critiquables. La zizanie commence à la vue... des actes. Et la pire des stupidités est de qualifier ces zizanies de “personnelles”: ça permet de les mépriser. A tort! En réalité, cela prouve - une fois de plus s’il en fallait - que personne ne juge les autres selon les déclarations “officielles” mais... selon les actes. Au fond, quand, dans vos interventions publiques, vous analysez Mr Sarkozy ou d’autres personnalités publiques, n’appliquez-vous pas strictement la même grille de lecture?

Au risque de paraître idiot (car, sur ce point aussi, mon avis n’a pas changé), je me permets de répéter: les meilleures leçons se donnent par l’exemple et les actes !

A la lumière de cette affirmation, je me permets donc de croire que vôtre tâche à la tête du parti sera immensément difficile:
- parce que la tâche, par elle-même, sera difficile, tant les suspicions et malentendus se sont accumulés et pourrissent.
- parce que c’est vous qui vous y attelez. Comme je vous le disais, vous ne partez pas avec une image de cohérence indiscutable entre propos et agissements.

Cela étant, aucune bataille n’est perdue... avant de livrer bataille.

En vous souhaitant bien du courage.

Par Andrei LUDOSAN - Publié dans : ludosan
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Jeudi 6 mars 2008
Quel orage (de propos)... avant même que ne tombe la moindre goutte d’eau.

Tous s’empressent de donner leurs avis (fort expert!) sur ce qui va (certainement!) se passer. D’autres ont déjà des idées sur ce qu’il faut faire afin d’éviter “les dérives”. Etc., etc.
Mais... à l’origine de cet orage de propos, il y a quoi ?

Simplement l’annonce de la prochaine création d’un site Internet ( http://www.note2bib.com ) qui permettra aux usagers de “noter” les médecins.

Je vous passe les opinions, nombreuses, de prétendus “sages”.... A défaut de nous convaincre de la dangerosité future dudit site, elles nous persuadent surtout de la sottise présente des auteurs de ces propos.

Pour ma part, je ne comprends pas cet émoi: ça fait des lustres qu’on “note”, sur Internet ou dans la presse écrite, des produits et des services. En quoi le service “médical” devrait-il en être exempt?

Et je ne comprends pas non plus la prétendue possible nuisance. Le secret médical risque d’en pâtir? Désolé pour ceux des médecins qui le pensent, c’est qu’ils n’ont rien compris au secret médical (et cette incompréhension, de la part d’un médecin, me parait, hélas, bien grave): le secret appartient et concerne le patient, pas le médecin. Un patient qui consulte ne prête aucun serment préalablement. Les propos du médecin, ses décisions thérapeutiques, etc. sont, de facto, publiques. Ou, en tout cas, publiables. D’autant plus que le patient va consulter “le médecin” Dupont (donc une fonction d’utilité publique, dont Mr Dupont n’est que le vecteur occasionnel) et certainement pas la personne privée de Mr Dupont.
En sens inverse, Mr Dupont, avant de pouvoir placarder à l’entrée de son cabinet l’enseigne “médecin”, a dû prêter un serment. Dans l’exercice de son rôle de médecin, Mr Dupont a des obligation bien précises. Surtout à l’égard du patient qui franchit le seuil du cabinet pour consulter le médecin et non pas pour boire une bière, entre copains, avec Mr Durant.

Que cela nous plaise ou pas, “le médecin” a une obligation de secret. “Le patient-usager” n’en a aucune.

Or, le site annonce qu’il va recueillir les propos et les avis... des patients-usagers. Si ceux-ci souhaitent donc rendre publics leurs problèmes et/ou le contenu du “colloque singulier” qu’ils ont eu avec tel ou tel médecin... grand bien leur fasse.

Quant au CNIL, il semble pencher du côté des médecins qui refusent cette future “horreur” (le CNIL rappelait, suite à 17 plaintes - déjà, alors que le site est encore une hypothèse! - que “on ne peut pas inscrire le nom d’une personne sur un site sans l’avoir informé au préalable”. Sous-entendu: tout médecin qui verrait son nom apparaître sur le site pourrait en demander le retrait). Espérons que le CNIL, dans sa grande sagesse, saura se rappeler qu’il a pour mission la protection des données personnelles.

Autre possible nuisance: réputations professionnelles injustement salies. Le risque, certes,  n’est pas nul. Cela étant, toutes les autres activités humaines qui subissent des “notations” courent, elles-aussi, ce risque. Si les autres vivent avec ce risque, je ne vois aucune raison pour que la médecine et les médecins en soient exempts.

Paradoxalement je crois que, à moyen et long terme, des initiatives comme celle-ci feront beaucoup de bien: aux usagers, certes, mais aussi, à plus long terme, aux médecins eux-mêmes (par des voies que seul le Seigneur - ainsi que le prétentieux auteur de ces lignes - connaissent).


Par Andrei LUDOSAN - Publié dans : ludosan
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Mercredi 5 mars 2008
Durant la “guerre froide”, les transfuges des pays de l’Est étaient accueillis à l’Ouest avec compassion: normal, ils étaient victimes de “régimes totalitaires”.

Au fond, en quoi un régime est-il “totalitaire”? En simplifiant à l’extrême, je retiens deux caractéristiques fondamentales:

1. La confiscation de la LIBERTE ECONOMIQUE INDIVIDUELLE par l’Etat.  C’était le fondement même des régimes communistes, avoué et revendiqué comme tel.

2. L’absence de LIBERTE INDIVIDUELLE DE PENSEE ET DE PAROLE: l’Etat sanctionnait durement tout propos “non-conforme”.
Ce deuxième trait était officiellement nié par les régimes en question. Les Constitutions de ces pays, sans exception, “garantissaient” la liberté de parole et de pensée, et les répressions exercées par l’Etat à ce propos devaient donc être “maquillées”: emprisonnement pour délits (fictifs, bien sûr) “de droit commun” ou bien internement pour “folie”.

Les deux traits, à bien y réfléchir, sont “consubstantiels”: d’ailleurs, la liberté de parole ne devenait “coupable” que si elle mettait en cause les personnes de “l’establishment” (en jargon local, les “apparatchiks”) ou bien, pire encore, les fondements idéologiques de cet “establishment”.
On pourrait dire que c’est la confiscation de la liberté économique individuelle qui est le trait fondamental et initiateur du “totalitarisme”: la perte des autres libertés en découle, inexorablement.

Au fond, les pays communistes avaient ré-inventé l’esclavage. La différence - mineure et superficielle - avec l’esclavage antique étant qu’au lieu d’avoir des “maîtres” individuels on avait affaire à un seul maître abstrait: l’Etat.
Mais une abstraction n’existe que sur le papier: dans la pratique c’était des hommes - bien individuels et réels- qui exerçaient, au nom de “l’Etat”, ce pouvoir tyrannique et absolu. L’ensemble de ces individus constituaient “les apparatchiks”. De facto, ils étaient des maîtres d’esclaves, ou, si l’on veut, des gardiens de prison. Le pays tout entier devenait, en quelque sorte, un immense camp de travaux forcés, un “goulag”.
Il était donc normal que l’on accueille ceux qui s’en évadaient, afin qu’ils retrouvent ce droit humain que nous chérissons tellement: la liberté individuelle. Dont le volet fondamental semble être la liberté économique.

Il apparaît donc bien curieux, de nos jours, de blâmer des gens qui fuient leurs pays afin d’échapper... à la même confiscation étatique des biens individuels, confiscation qu’on appelle IMPOTS.

Si, hier, c’était l’Etat soviétique confiscatoire qui, à nos yeux, était le seul coupable du désir des gens de s’en échapper, il apparaît incohérent, de nos jour, de ne pas penser que le principal coupable de la fuite des gens vers des “paradis fiscaux” serait... également l’Etat d’origine de ces personnes et non pas le “paradis fiscal” vers lequel ils aspirent.

En clair, l’Allemagne (et la CEE avec), en vitupérant contre le Lichtenstein ( bientôt contre la Suisse, le Monaco, l’Andorre, etc.) se comportent, de nos jours, rigoureusement selon le même mécanisme de pensée que les autorités soviétiques d’antan.

Quelle "souplesse" éthique! Ca doit correspondre à ce qu'on appelle (fièrement!) "être pragmatique et non-dogmatique" !

Comparaison n’est pas raison, me dira-t-on.
Je demande qu’on m’explique en quoi ma comparaison est défaillante .

Pour ma part, je ne vois pas de différence qualitative mais seulement quantitative, à savoir le taux de la confiscation étatique. Il avoisinait les 100% en URSS, il est aux alentours de 50% dans les pays européens (France, Allemagne, etc.). Le principe, lui, reste le même dans les deux cas: ce n’est pas l’individu qui décide de ce qu’il accorde à “la collectivité” mais “la collectivité” qui décide de ce qu’elle laisse à l’individu.

Alors... la différence entre un régime “totalitaire” et un régime “de liberté” serait-elle une simple question de pourcentage? Pourcentage défini souverainement par quelques “apparatchiks” dont la seul vertu est... d’être nés “à l’Ouest” ?
Une prison ou l’on vous accorde quelques heures de “programme libre” par semaine - au gré du bon vouloir des geôliers - devient-elle pour autant “un havre de liberté” ?

Si la réponse à cette dernière question est affirmative, j’avoue que l’on doit réviser de fond en comble ma conception de la liberté. Dans une telle hypothèse, le monde “libre” a certainement dû prévoir quelques camps de ré-éducation (fort “libres”, n’est-ce pas ?) destinés aux “fous” comme moi...  Avec “Arbeit macht Frei!” au
frontispice ?

Par Andrei LUDOSAN - Publié dans : ludosan
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Vendredi 8 février 2008
Comme je le disais, le rapport me parait d'abord et avant tout incohérent.

Fait hilarant, c’est justement de “cohérence” que le rapport se vante le plus.
Il le fait d’ailleurs dés les premières lignes: dans la plus pure tradition du “haut fonctionnaire”, avant même d’en exposer le contenu, le Rapport Attali commence par nous dire comment on doit l’interpréter. “L’analyse critique” précéde la “lecture du texte”! Et, afin de nous epargner des efforts intellectuels (au-dessus de nos moyens, sans doute) l’auteur du Rapport s’est chargé de faire lui-même cette “critique”.
Et, sur ce point, il n’est pas avare de compliments.


Le Rapport est “non partisan” ! Comprenez: c’est la plus pure des “objectivités”.  Donc, c’est LA VERITE. Nous voilà fixés.

“ C’est un ensemble cohérent, dont chaque pièce est articulée avec les autres, dont chaque élément constitue la clé de la réussite du tout.”

Il faut sans doute être énarque et monstrueusement prétentieux (excusez le pléonasme) pour pondre une telle affirmation. Surtout lorsque suivent... 316 “décisions”. Oui, vous lisez bien, trois cent seize ! J’offre le champagne à celui qui me montrera un assemblage non pas de 300 mais seulement de 50 ou 100 “mesures” (ou “affirmations”, ou “propositions”, ou tout ce que vous voulez dans le genre) constituant un ensemble rigoureusement articulé, et avec un cohérence interne telle que l’omission d’une seule “proposition” compromette irrémédiablement l’ensemble.

Nôtre Rapport prétend avoir reussi cet exploit au triple !


N’importe quel gamin au lycée sait qu’une telle affirmation est fausse si au moins une pièce du “puzzle” peut être enlevée sans que les autres “s’ecroulent”, et sans nuire à la “réussite du tout”.

Essayons donc, au hasard:

DÉCISION 276
Ouvrir le recrutement des directeurs des hôpitaux publics à des cadres, entrepreneurs ou médecins des secteurs publics et privés.


DÉCISION 277
Modifier la formation de l’École nationale de la santé publique (ENSP) exagérément axée sur des problématiques juridiques et inadaptée aux exigences managériales de modernisation des structures hospitalières.


L’objectif de ces 2 “décisions” est louable: améliorer et moderniser la gouvernance des hôpitaux, en élargissant “l’origine intellectuelle” et “l’horizon culturel” des cadres dirigeants. Excellent, mais... par rapport à nôtre problème de cohérence et de mesures “mutuellement indispensables”,on est loin du compte:

  - en quoi la non réalisation éventuelle de ces 2 décisions nuirait-elle à la réalisation de décisions telles que:
 

DÉCISION 1: Améliorer la formation des éducateurs et éducatrices de crèche et des assistantes maternelles, revaloriser leur diplôme et en augmenter le nombre
ou bien
DÉCISION 51: Faciliter l’accès de tous au réseau numérique. ?


Faible d’esprit, je suis incapable de voir l’intime et indissociable inter-dépendance entre le recrutement des directeurs d’hôpitaux et la formation des éducatrices de crèche...


 Pire encore, les “décisions” 276 et 277 “s’affaiblissent” l’une l’autre: si la formation à l’ENSP devient “adaptée aux exigences manageriales de modernisation...”, on n’a plus un besoin si vital que ça d’aller chercher des directeurs d’hôpital ailleurs. Ou inversement: si on peut recruter des directeurs d’hôpital sans passer par l’ENSP, la qualité de cette école n’est plus un problème si “vital” que ça.
En clair, si la réalisation des 2 décisions est, certes, souhaitable, on constate que la bonne réalisation de l’une rend la réalisation de l’autre parfaitement secondaire.
A bien y refléchir, je dirais que la décision 276 suffit: si on peut recruter des directeurs d’hôpital autrement qu’en passant par l’ENSP, cette dernière, tôt ou tard, se réformera toute seule, sous peine de disparaitre à cause de la concurrence. “L’objectif” de la nation est d’avoir de bons directeurs d’hôpital (quelques soient les “fillières” de formation), pas de sauvegarder à tout prix une “fillière” particulière.

On a donc trouvé une (ou deux?) “décisions” - 276 et 277 - dont l’absence ne semble pas mettre en péril tout le reste. En pure logique “mathématique”, c’est déjà suffisant pour démontrer l’absurdité du propos concernant l’indestructible cohérence et inter-dépendance de l’ensemble.

Mais bon, dira-t-on, on n’est pas au cours de mathématiques, une telle exigence “formelle” de nôtre part est peut-être exagéré. Si quelques “décisons” sont peut-être d’importance moindre, l’essentiel du propos reste vrai: la plupart des “décisions” sont fortement correlées.

On ne va pas multiplier les exemples contraires: ils sont nombreux. “L’ensemble” n’est ni plus ni moins cohérent que toute autre “collection de propositions” que le pays a connu (et connaitra encore, probablement...).

Cette prétention de cohérence à toute épreuve n’est qu’une fumisterie, un “auto-satisfecit” facile et “gonflé” (la “touche” personnelle du Président de Comission ?). C’est d’autant plus ridicule que - subtilité sémantique - on ne nous présente pas des “propositions” mais des “décisions”. Décidemment, le ridicule ne tue pas dans ce pays (quelle chance, pour le rédacteur du Rapport...).


A quoi sert cette fanfaronnade? A faire “pression” sur les décideurs politiques (vous devez TOUT acheter ! Pas de vente au détail !) ? Ca semble être le cas, quand on affirme que:

“Ceci n’est pas non plus un inventaire dans lequel un gouvernement pourrait picorer à sa guise, et moins encore un concours d’idées originales condamnées à rester marginales.”
Décidemment, l’auteur du Rapport veut à tout prix une place de choix au Panthéon des Sauveurs de la Patrie, et il fait du “marketing” agressif.

Hélas... il faut être complétement débile pour croire que, publicité “agressive” ou pas, le pouvoir politique va gober celà sans objection. Pour des raisons tantôt bonnes tantôt moins, le gouvernement va “picorer à sa guise” dans cet “inventaire”, et beaucoup d’idées resteront “marginales”. Même un gamin sait qu’il est impossible, dans un pays démocratique, qu’on prenne 316 “décisions” sans la moindre objection, simplement parce que c’est Le Guide Suprême (auto-proclamé) de la Sagesse Universelle qui les a pondues.
“Le petit Livre Rouge” appartient - heureusement d’ailleurs - à des horizons civilisationnels différents (et en voie d’extinction...)


Or, que je sache, Mr Attali est un grand illusioniste intellectuel, mais pas naif à ce point. Il sait trés bien, et à l’avance, ce qui va se passer en réalité.

La raison de tout son laïus sur ses 316 “décisions” qui seraient indissociables sans dommages (graves!) pour la réussite “du tout”, la raison donc n’est pas de “tout vendre” mais, plus simplement, d’avoir une excuse toute préparée pour l’échec (ou, du moins, pour l’insignifiance des “victoires”) des quelques mésures qui seront éventuellement appliquées.


 
Par Andrei LUDOSAN - Publié dans : ludosan
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Vendredi 8 février 2008
Premières impressions...

 C’est un tigre en papier. La pretendue “audace” ou “radicalité” du propos est un effet de manche.

Elle ou, cette “radicalité” ?

a) dans le constat (la France comme pays de privilèges, de castes et de corporatismes)? Ce n’est plus une nouvelle, ni même pour le moindre balayeur de rues. Tout le monde le sait, depuis fort longtemps.
Pour l’anecdote: il y a bientôt 20 ans, j’arrivais en France depuis la Roumanie de Ceausescu. Etant étudiant en médecine mais sans aucune ressource, je travaillais - la nuit, les WE - pour gagner ma vie. Les boulots habituels du genre: veilleur de nuit, agent d’entretien, livreur de marchandises à domicile...
Comme, à l’époque, mon pays natal était une sorte de “terra incognita” aux yeux de beaucoup, j’essayais de raconter à mes collégues de travail ce que c’était le totalitarisme, le pouvoir confisqué par une “caste” d’apparatchiks... Un soir, un de mes collégues, aprés m’avoir écouté longuement, conclut:  “Bof... ici c’est pareil. La-bas c’est “Ferme ta gueule!” ici, c’est “Cause toujours!”.
Je répète, c’était il y a bientôt 20 ans...


b) Dans les propositions ? Aprés le constat - la cause de tous les maux est le dirigisme “d’en haut”, et la mainmise d’une “Nomenclature” sur toutes les décisions - on aurait attendu (logiquement, si j’ose dire) des remèdes visant justement à re-donner de la liberté de décision aux “petits”. Or la plupart des propositions visent... à nous expliquer ce que nous devrions faire et les mesures à prendre... par l’Etat, afin que nous fassions ce qu’il faut !
(peut-on laisser la “plébe” juger par elle-même de ce qui est bon au monde? Impensable!)
En somme, on ne change pas le principe, on change juste les ”axes de développement”, les “téchniques de direction” et, éventuellement, de “Nomenclature”...

Certes, un bon nombre de mesures visent effectivement une “libéralisation” (propositions sur l’enseignement,  liberté d’installation des commerces, réductions des “monopôles” professionnels, etc.). D’autres - au moins tout aussi nombreuses - visent en revanche à “pousser” clairement la société vers les objectifs (lumineux, à n’en pas douter!) définis par le Grand Sage ( objectifs scolaires, objectifs en nombre et taille d’entreprises, 10 Ecopolis,  10 Universités “mondialement reconnues”, etc.).

On clame haut et fort le désir de réduire les contraintes d’Etat. Pourtant, à côté de mesures allant effectivement dans ce sens on a droit à au moins autant de nouveaux “trucs” étatiques, destinés à “orienter” et “aider” les entreprises: historiquement, ces “Agences d’Etat” ont toujours montré leur tendance à employer beaucoup d’agents “conseillers” et presque jamais leur utilité. Comme toujours, “3 généraux pour 1 soldat”... (lire aussi "Les Rameurs de l'ENA" pour mieux s'impregner de cette technique managériale...)

Bref, s’il y a une première chose qui me frappe, c’est... l’incohérence conceptuelle de ce rapport.

Par Andrei LUDOSAN - Publié dans : ludosan
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