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Mardi 2 juin 2009

Mon fils fait du rugby. Rien de spécial à cela.

Hier, il participait à un tournoi pour enfants. Dans la ville X. L’équipe de mon fils, pas si mauvaise, arrive à jouer pour les premières places. Et rencontre dans cette phase finale l’équipe de la ville X (autrement dit, les hôtes). L’équipe hôte est également une bonne équipe. Le match est assez serré, au départ. Puis… l’arbitre (également de la ville X) "offre" à l’équipe hôte deux essais, en fermant les yeux sur deux en-avant flagrants. Du coup, mon fils et ses co-équipiers "perdent les pédales": ils agressent les adversaires, le match dégénère. Le match finira tant bien que mal (avec la victoire de l’équipe hôte, bien sûr).

Deux heures plus tard, on a encore du mal à calmer la colère et le dégoût des enfants. Surtout, on manque d’arguments à opposer à leurs conclusions : en déplacement, ça ne sert à rien de vouloir bien jouer : les arbitres donneront toujours la victoire à l’équipe hôte. En déplacement, la seule chose possible serait seulement de « faire payer cher » aux hôtes leur victoire. Et, éventuellement, de leur casser les douches et les vestiaires, en signe de révolte. D’autant plus que les festivités de remise de médailles ont commencé, comme il se doit, par un hommage appuyé à l’égard de l’excellent travail des organisateurs et des arbitres.

Ceci concerne des enfants de 13 ans. Nulle trace de "banlieue chaude", ni de "milieux sociaux particulièrement défavorisés" dans cette histoire.

Plus tard, ces enfants, devenus adolescents, découvriront d’autres vertus de l’Autorité et de l'application du Droit. Ils passeront peut-être une nuit au commissariat pour avoir chanté trop fort au milieu de la rue, en sortant d’une fête. En même temps, ils apprendront que le fils du Maire, surpris en train de vendre de la drogue, aura bénéficié d’un interrogatoire fort courtois – hors commissariat, de préférence – et qu’il finira par bénéficier d’un non-lieu.  

Encore plus tard, ils apprendront qu’une mère seule, smicarde, surprise en train de voler un kg de riz au Supermarché, aura été condamnée à 3 mois de prison. En même temps, Mr le Maire, coupable d’avoir dilapidé la caisse publique de 1-2 Millions en sa faveur, bénéficiera d’un non-lieu.

Etc.

De temps à autre, ils liront dans la presse locale ou nationale combien les efforts de Mr le Maire (entièrement dévoué à la « chose publique », nul doute !) sont dignes d’admiration, ou bien combien les représentants de la Justice et de l’Etat sont dignes des louanges inconditionnels de la nation.

La "morale" de cette histoire ? Les enfants l’ont comprise. Quid des adultes ? 

Par Andrei LUDOSAN
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