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Jeudi 20 mars 2008

Si nôtre petit plaidoyer en faveur du marché et des spéculateurs aura paru un tant soit peu sensé, on peut se demander comment se fait-il que les “étatistes” et autres “tribuns populaires” soient si farouchement opposés au libéralisme. Nôtre plaidoyer ne fait pas appel à des concepts outrageusement complexes ou abstraits...
Mon impression est que le problème est psychologique, et nullement intellectuel. Et que, de surcroît, la réponse n’est nullement “cachée”: au contraire, elle est visible et affirmée explicitement.
Regardons, pour commencer, les deux hypothétiques solutions “anti-spéculateurs” que j’ai imaginé. (Elles ne sont pas si hypothétiques que cela. La taxation des profits fût ardemment défendue par Attac et par quelques éminents politiciens français - de droite comme de gauche. Plus récemment, un gouvernement de droite vient de plafonner la hausse des loyers - en indexant la hausse des loyers sur l’inflation, ce qui est une stupidité économique qui ferait rigoler n’importe quel étudiant...). Regardons donc ces hypothèses: leur point commun c’est qu’elle visent clairement... à empêcher “le spéculateur” de s’enrichir. Le but explicite est donc de nuire à quelqu’un, et non pas de faire le bien de qui que ce soit. J’ai d’ailleurs appelé, involontairement, ces solutions “anti-spéculateurs”. Ce ne sont pas des solutions “en faveur de” quelque chose mais “contre” quelque chose.
Regardons maintenant tous les “alter-mondialistes”, “gauchistes”, “josébové-istes” et autres factions du genre. Ils n’ont jamais réussi à se mettre d’accord sur une seule proposition “positive”. Les seules affirmations sur lesquelles leur consensus est acquis d’avance c’est qu’ils sont “anti-libéraux”. Et “contre” la mondialisation. Et “anti”-américains.
Lors des élections présidentielles françaises de 2007, plusieurs mouvances du genre ont même voulu se regrouper dans un “front uni anti-libéral”. Et j’ai pu entendre un éminent membre du Parti Socialiste fonder son “discours” sur le fait d’être “contre” le "grand capital" et “contre” la “spéculation financière”.

Généralement bruyants, prêts à défiler dans les rues (et, à l’occasion, affronter la Police)... tous ces gens ont, en fait, un dénominateur commun: ils sont “contre”. Leur idéation ne vise pas à “faire du bien” (ni même à eux-mêmes) mais à “faire du mal” à “l’adversaire”. C’est donc surtout une psychologie de haine. L’objet de cette haine est d’ailleurs éminemment variable: tantôt “le libéralisme”, tantôt “la mondialisation”, tantôt “l’américanisme”.... La substitution d’un objet à un autre s’opère d’ailleurs sans aucun égard à la logique la plus élémentaire: les USA et le libéralisme sont synonymes et donc haïssables... même quand George Bush jr. se fait élire sur la base d’un “discours” passablement isolationniste (donc structurellement non-libéral).

On s’échine donc inutilement à chercher une “logique”. Il n’y a pas de “rationalité” mais simplement un sentiment de haine, et donc à une seule intention fondamentale et primordiale:“nuire” à autrui. Au risque de me répéter, je ne connais, en ce qui les concerne, aucune définition “positive”, “en faveur de...”. On est “contre” les OGM, “contre” le tabac, “contre” les drogues, “contre” l’homosexualité, “contre” la pollution... Quand ce n’est pas “la gauche”, c’est “la droite”. Les “causes” - bonnes ou mauvaises - défilent en sarabande. On sort dans la rue, on s’exprime et on est brusquement exaltés aussitôt qu’il s’agit d’être “contre”.

Je laisse le soin aux psychologues et autres sociologues de nous expliquer le pourquoi de ce phénomène, et surtout de son ampleur. En attendant... les discours des libéraux, quels que soient leurs mérites intellectuels, resteront lettre morte.

Par Andrei LUDOSAN
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