Ségolène et les profs ( leçon N° 2)
En admettant que Ségolène aura réussi à intégrer les énoncés basiques formulés dans le post précédent, on peut éventuellement essayer d’aller plus loin.
Nous avons donc admis que pratiquer son métier contre de l’argent est la NORMALITÉ: cela revient à dire qu’on pratique son métier pour assurer son existence. L’argent, dans cette affaire, est un simple intermédiaire. Il sert:
- d’intermédiaire dans les échanges
- d’unité de mesure de la valeur des objets ou services echangés
Mais combien vaut l’enseignement d’un professeur? Je rappelle, cela revient à se demander combien de tomates, chaussures, etc. ce professeur aura-t-il droit d’avoir en échange de son travail.
En posant cette question apparemment simple, et qui découle logiquement des affirmation précédentes, nous avons posé, naïvement, l’une des questions les plus “brûlantes” de l’histoire de la pensée “économique” ( voire même “philosophique”). Car, en fait, je viens de demander, de manière générale: “quelle est LA VALEUR d’un objet ou d’un service ?”. Or, il est évident qu’avant de MESURER une valeur encore faut-il savoir ce qu’est LA VALEUR: Quels sont les élément qui font d’un objet ou d’un service UNE VALEUR?
Le lecteur qui souhaite approfondir cette question sera inévitablement appelé à se plonger dans l’essentiel de la littérature dite “économique”. Selon les auteurs, on aura dit que la valeur c’est “le temps de travail incorporé” dans un objet ( ou service), le “temps de travail épargné”, etc.
Le profane en la matière que je suis se permet toutefois une petite remarque: l’humanité utilise la monnaie et pratique des échanges depuis bien avant que les différentes théories économiques ne voient le jour. Bizarre, non ?
En partant de ce constat, on peut avoir deux “positions”, intellectuellement parlant:
a) Soit considérer ces échanges “spontanés” comme un “fait naturel” à étudier (au même titre que l’on étudie les arbres, les animaux, etc. ) et essayer d’en expliquer les mécanismes.
b) Soit élaborer une théorie sur ce que devraient être ces échanges (après, éventuellement, avoir analysé les échanges du passé et trouvé les points ou les choses se font “mal” ).
La deuxième approche vous parait-elle un peu “saugrenue”, voire idiote et contraire au bon sens le plus élémentaire ? Je vous l’accorde, d’ailleurs c’est aussi mon sentiment !
Pourtant cette deuxième approche est de loin la plus répandue au monde, de loin celle qui a les faveurs du public, de loin celle qui attire le plus grand nombre de “spécialistes”.
L’indignation de nôtre Ségolène nationale est un exemple flagrant en ce sens: les faits ne lui suscitent pas la curiosité du scientifique, mais la fibre militante. La vidéo le montre bien, son interrogation est purement rhétorique: elle ne cherche pas à comprendre, elle condamne. Et sa “proposition” ( garder les profs 35 heures à l’école) vise à corriger “l’anomalie” dont les faits se rendent coupables.
Inutile de souligner que, schématiquement parlant, la première approche est “libérale” car elle a comme présupposé que les échanges LIBRES sont, par définition, la Normalité.
La deuxième approche est “anti-libérale”: on veut imposer aux gens une autre manière de faire que ce qu’ils feraient spontanément et librement. Cette deuxième approche n’a pas un seul nom. Car la difficulté, dans cette hypothèse, c’est qu’il y a autant de “manières de faire différentes” que de prophétes-visionnaires: fouriérisme, communisme, socialisme, social-démocratie, democratie-chrétienne, islamisme, bouddhisme, nationalisme, communautarisme, fascisme... la liste est potentiellement infinie... Le dénominateur commun, dans tout ça, c’est que, à chaque fois, les hommes sont appelés à faire ( et à penser) “autrement” que ce qu’ils auraient tendance à faire spontanément.
Donc, combien un professeur devrait-il gagner?
Les réponses “anti-libérales”... il faudra aller les chercher du côté de leurs auteurs. Certains vous diront qu’ils ne gagnent pas assez. D’autres qu’ils gagnent trop. Certains vous diront qu’ils sont des saints, des martyrs. D’autres, au contraire, vous démontreront qu’ils sont des flemmards de première...
Pour ma part, en tant que libéral, je suis incapable de dire laquelle de toutes ces affirmation serait éventuellement correcte. Je peux, en revanche, vous dire en quoi je considère TOUTES ces réponses incorrectes:
a) Je ne connais pas LES PROFESSEURS: cette généralité abstraite me révulse et je la tiens pour un non-sens. Je connais ( ou j’ai connu) un certain nombre de professeurs: chacun très particulier et bien différent des autres. Certains me paraissaient “bien” alors qu’ils paraissaient “abominables” à certains de mes collègues et inversement. Dés lors, quelle généralisation faire? La mienne ? Celle de mon collègue ? Celle de la voisine d’en face ?
Mais peut-on se débrouiller sans une “généralisation”, fut-elle imparfaite ?
Bien sûr qu’on peut. Qui a dit qu’il est indispensable de payer tous les professeurs de la même manière ? Payez-vous pareillement un bon et un mauvais avocat ? Un bon cordonnier et un mauvais?
Mais, comme je le disais un peu plus haut, qui va juger le “bon” et le “mauvais” ? Moi? Mon collègue? Une “Commission d’Experts” ? Sur quels critères cette “Commission” va-t-elle juger ? Et si les critères de cette Commission me déplaisent?
Mais là-aussi, faut-il UN critère ( ou UN corpus de critères) unique ? Une maison, un meuble, un vêtement peuvent être sans valeur pour une commission entière et être inestimables pour moi: nul n’a envisagé de donner à ces objets UNE valeur unique et le monde se porte très bien - si ce n’est mieux - dans ce “chaos” ou chaque individu est libre d’attribuer la valeur qu’il veut à un même objet.
La prestation d’un acteur peut me paraître exécrable et sembler admirable à d’autres: ils donneront leur obole à cet acteur et moi je donnerai le mien à un autre.
Bien sûr, il y aura des acteurs riches et d’autres au chômage: cela veut dire que les premiers apportent du “bonheur” et de la “distraction” à beaucoup de gens ( ils sont donc “utiles” à un grand nombre de gens), pas les seconds.
Dans tous ces cas nous nous accommodons fort bien de nos différences individuelles et aucun “chaos” n’en est ressorti. A bien y réfléchir, l’argent que je consens à donner pour tel objet ou tel service est la meilleure façon que je connaisse de “voter” quant à l’utilité de l’objet ( ou service) en question. Un objet qui “se vend bien” signifie “est utile” à de nombreuses personnes, c’est aussi simple que ça ! Mieux encore, à la différence d’un vote politique ( ou on dispose seulement de deux réponses possibles pour une question posée: OUI ou NON) l’argent permet une infinité de nuances: je peux admettre un service à un prix, mais pas à un prix plus élevé. Le prix “du marché” reflète mieux que n’importe quelle “consultation populaire” ce que “les gens” pensent d’un objet ou d’un service: le prix indique tout simplement l’utilité relative du la chose. Et si l’utilité “globale” d’un objet change, le prix “du marché”( qui reflète cette utilité “globale”) change lui aussi, “naturellement” et spontanément: nul besoin de campagnes électorales coûteuses pour ce faire. De la vrai magie !
A l’heure ou tous se cassent les méninges pour rendre la “démocratie” plus “participative”, ou l’on fantasme sur l’Internet comme outil de “renouveau de la démocratie directe” ( on va, grâce à l’Internet, organiser des Référendums nationaux pour tout et n’importe quoi, ce qui veut dire que la population sera supposé passer la moitié de son temps devant les ordinateurs, en train de voter), on oublie, stupidement, que nous disposons d’un outil vieux comme le monde ( l’argent) grâce auquel nous votons tous les jours, tous, justement pour “tout et n’importe quoi”. Aussi simplement que ça !
Dés lors, une remarque devient du simple bon-sens: un “marché” libre veut donc dire un “droit de vote” libre. Toute restriction à la liberté du marché est donc une privation de “droit de vote”, une amputation de la démocratie.
Il faudra que que certains “démocrates” anti-libéraux m’expliquent pourquoi, dans leur esprit, c’est l’inverse.
Pourquoi l’enseignement échapperait-il à cette pratique humaine si naturelle, du marché? Est-il si inconcevable de laisser chaque individu choisir librement les professeurs auxquels il confie l’éducation de sa progéniture, est-il si aberrant que de laisser les gens négocier librement le montant du “salaire” du professeur, le nombre d’heures que celui-ci passera à enseigner, la manière dont cet enseignement aura lieu, etc.? Au nom de quoi priver les parents du droit de faire ces choix à titre individuel ?
Par conséquent, je ne sais pas pas combien de temps LES PROFESSEURS devraient passer à enseigner. Ni pour quelle rémunération. Ni même si le critère du “temps passé au collège” est le plus pertinent...
Ce que j’affirme, en revanche, c’est que soustraire l’enseignement au libre-marché est le tort le plus grand et le plus sûr que l’on puisse faire à cette activité humaine.
Dés lors, la proposition de Ségolène m’indiffère: elle est “ à côté de la plaque” par principe, pour la bonne et simple raison que la question est stupide.
Il y a dans sa démarche intellectuelle ( dans l’hypothèse, non démontrée pour l’instant, ou Ségolène et la notion de “démarche intellectuelle” seraient compatibles) une double erreur de logique élémentaire:
- avant de corriger quoi que ce soit, encore faut-il s’assurer qu’il y a un “problème” ( ce n’est pas si sûr dans le cas présent, comme je l’ai montré dans la première leçon: le fait que les professeurs veulent gagner de l’argent en enseignant est parfaitement normal)
- à supposer que problème il y ait, avant de proposer une solution encore faut-il exposer correctement le problème. Souvent, les réponses sont simples, pourvu qu’on pose les bonnes questions. "Les professeurs enseignent-ils assez de temps ?", semble se demander Ségolène. Elle affirme que non, donc elle va leur imposer une correction.
Or la question est doublement stupide: “assez de temps” ou “pas assez de temps” n’a de sens que par rapport à leur paye. Et nul n’a dit que la paye d’un professeur doit se mesurer seulement au temps passé à enseigner effectivement... Et encore moins que mes critères d’évaluation d’un professeur doivent être les mêmes que les critères de Ségolène...
Laissons donc à chaque parent le droit de choisir combien il veut payer un professeur et ce qu’il lui demandera en échange ( du temps, de la qualité, ou que sais-je encore...). Les payes et les critères seront trés divers.... Tout le monde sortira gagnant de cette diversité: en quelques années, cette diversité fera apparaitre des solutions nettement meilleures que tout ce que Ségolène ou autre “Commission d’Experts” ne pourra imaginer. Et si certaines de ces solutions seront clairement “supérieures” à d’autres, elle vont se généraliser spontanement. Nul besoin de pensée “Royale” pour ça. Si, en revanche, aucune solution ne sera “unanimement” supérieure aux autres... ma foi, de écoles trés diverses existeront: ou est le mal ?
Nous avons donc admis que pratiquer son métier contre de l’argent est la NORMALITÉ: cela revient à dire qu’on pratique son métier pour assurer son existence. L’argent, dans cette affaire, est un simple intermédiaire. Il sert:
- d’intermédiaire dans les échanges
- d’unité de mesure de la valeur des objets ou services echangés
Mais combien vaut l’enseignement d’un professeur? Je rappelle, cela revient à se demander combien de tomates, chaussures, etc. ce professeur aura-t-il droit d’avoir en échange de son travail.
En posant cette question apparemment simple, et qui découle logiquement des affirmation précédentes, nous avons posé, naïvement, l’une des questions les plus “brûlantes” de l’histoire de la pensée “économique” ( voire même “philosophique”). Car, en fait, je viens de demander, de manière générale: “quelle est LA VALEUR d’un objet ou d’un service ?”. Or, il est évident qu’avant de MESURER une valeur encore faut-il savoir ce qu’est LA VALEUR: Quels sont les élément qui font d’un objet ou d’un service UNE VALEUR?
Le lecteur qui souhaite approfondir cette question sera inévitablement appelé à se plonger dans l’essentiel de la littérature dite “économique”. Selon les auteurs, on aura dit que la valeur c’est “le temps de travail incorporé” dans un objet ( ou service), le “temps de travail épargné”, etc.
Le profane en la matière que je suis se permet toutefois une petite remarque: l’humanité utilise la monnaie et pratique des échanges depuis bien avant que les différentes théories économiques ne voient le jour. Bizarre, non ?
En partant de ce constat, on peut avoir deux “positions”, intellectuellement parlant:
a) Soit considérer ces échanges “spontanés” comme un “fait naturel” à étudier (au même titre que l’on étudie les arbres, les animaux, etc. ) et essayer d’en expliquer les mécanismes.
b) Soit élaborer une théorie sur ce que devraient être ces échanges (après, éventuellement, avoir analysé les échanges du passé et trouvé les points ou les choses se font “mal” ).
La deuxième approche vous parait-elle un peu “saugrenue”, voire idiote et contraire au bon sens le plus élémentaire ? Je vous l’accorde, d’ailleurs c’est aussi mon sentiment !
Pourtant cette deuxième approche est de loin la plus répandue au monde, de loin celle qui a les faveurs du public, de loin celle qui attire le plus grand nombre de “spécialistes”.
L’indignation de nôtre Ségolène nationale est un exemple flagrant en ce sens: les faits ne lui suscitent pas la curiosité du scientifique, mais la fibre militante. La vidéo le montre bien, son interrogation est purement rhétorique: elle ne cherche pas à comprendre, elle condamne. Et sa “proposition” ( garder les profs 35 heures à l’école) vise à corriger “l’anomalie” dont les faits se rendent coupables.
Inutile de souligner que, schématiquement parlant, la première approche est “libérale” car elle a comme présupposé que les échanges LIBRES sont, par définition, la Normalité.
La deuxième approche est “anti-libérale”: on veut imposer aux gens une autre manière de faire que ce qu’ils feraient spontanément et librement. Cette deuxième approche n’a pas un seul nom. Car la difficulté, dans cette hypothèse, c’est qu’il y a autant de “manières de faire différentes” que de prophétes-visionnaires: fouriérisme, communisme, socialisme, social-démocratie, democratie-chrétienne, islamisme, bouddhisme, nationalisme, communautarisme, fascisme... la liste est potentiellement infinie... Le dénominateur commun, dans tout ça, c’est que, à chaque fois, les hommes sont appelés à faire ( et à penser) “autrement” que ce qu’ils auraient tendance à faire spontanément.
Donc, combien un professeur devrait-il gagner?
Les réponses “anti-libérales”... il faudra aller les chercher du côté de leurs auteurs. Certains vous diront qu’ils ne gagnent pas assez. D’autres qu’ils gagnent trop. Certains vous diront qu’ils sont des saints, des martyrs. D’autres, au contraire, vous démontreront qu’ils sont des flemmards de première...
Pour ma part, en tant que libéral, je suis incapable de dire laquelle de toutes ces affirmation serait éventuellement correcte. Je peux, en revanche, vous dire en quoi je considère TOUTES ces réponses incorrectes:
a) Je ne connais pas LES PROFESSEURS: cette généralité abstraite me révulse et je la tiens pour un non-sens. Je connais ( ou j’ai connu) un certain nombre de professeurs: chacun très particulier et bien différent des autres. Certains me paraissaient “bien” alors qu’ils paraissaient “abominables” à certains de mes collègues et inversement. Dés lors, quelle généralisation faire? La mienne ? Celle de mon collègue ? Celle de la voisine d’en face ?
Mais peut-on se débrouiller sans une “généralisation”, fut-elle imparfaite ?
Bien sûr qu’on peut. Qui a dit qu’il est indispensable de payer tous les professeurs de la même manière ? Payez-vous pareillement un bon et un mauvais avocat ? Un bon cordonnier et un mauvais?
Mais, comme je le disais un peu plus haut, qui va juger le “bon” et le “mauvais” ? Moi? Mon collègue? Une “Commission d’Experts” ? Sur quels critères cette “Commission” va-t-elle juger ? Et si les critères de cette Commission me déplaisent?
Mais là-aussi, faut-il UN critère ( ou UN corpus de critères) unique ? Une maison, un meuble, un vêtement peuvent être sans valeur pour une commission entière et être inestimables pour moi: nul n’a envisagé de donner à ces objets UNE valeur unique et le monde se porte très bien - si ce n’est mieux - dans ce “chaos” ou chaque individu est libre d’attribuer la valeur qu’il veut à un même objet.
La prestation d’un acteur peut me paraître exécrable et sembler admirable à d’autres: ils donneront leur obole à cet acteur et moi je donnerai le mien à un autre.
Bien sûr, il y aura des acteurs riches et d’autres au chômage: cela veut dire que les premiers apportent du “bonheur” et de la “distraction” à beaucoup de gens ( ils sont donc “utiles” à un grand nombre de gens), pas les seconds.
Dans tous ces cas nous nous accommodons fort bien de nos différences individuelles et aucun “chaos” n’en est ressorti. A bien y réfléchir, l’argent que je consens à donner pour tel objet ou tel service est la meilleure façon que je connaisse de “voter” quant à l’utilité de l’objet ( ou service) en question. Un objet qui “se vend bien” signifie “est utile” à de nombreuses personnes, c’est aussi simple que ça ! Mieux encore, à la différence d’un vote politique ( ou on dispose seulement de deux réponses possibles pour une question posée: OUI ou NON) l’argent permet une infinité de nuances: je peux admettre un service à un prix, mais pas à un prix plus élevé. Le prix “du marché” reflète mieux que n’importe quelle “consultation populaire” ce que “les gens” pensent d’un objet ou d’un service: le prix indique tout simplement l’utilité relative du la chose. Et si l’utilité “globale” d’un objet change, le prix “du marché”( qui reflète cette utilité “globale”) change lui aussi, “naturellement” et spontanément: nul besoin de campagnes électorales coûteuses pour ce faire. De la vrai magie !
A l’heure ou tous se cassent les méninges pour rendre la “démocratie” plus “participative”, ou l’on fantasme sur l’Internet comme outil de “renouveau de la démocratie directe” ( on va, grâce à l’Internet, organiser des Référendums nationaux pour tout et n’importe quoi, ce qui veut dire que la population sera supposé passer la moitié de son temps devant les ordinateurs, en train de voter), on oublie, stupidement, que nous disposons d’un outil vieux comme le monde ( l’argent) grâce auquel nous votons tous les jours, tous, justement pour “tout et n’importe quoi”. Aussi simplement que ça !
Dés lors, une remarque devient du simple bon-sens: un “marché” libre veut donc dire un “droit de vote” libre. Toute restriction à la liberté du marché est donc une privation de “droit de vote”, une amputation de la démocratie.
Il faudra que que certains “démocrates” anti-libéraux m’expliquent pourquoi, dans leur esprit, c’est l’inverse.
Pourquoi l’enseignement échapperait-il à cette pratique humaine si naturelle, du marché? Est-il si inconcevable de laisser chaque individu choisir librement les professeurs auxquels il confie l’éducation de sa progéniture, est-il si aberrant que de laisser les gens négocier librement le montant du “salaire” du professeur, le nombre d’heures que celui-ci passera à enseigner, la manière dont cet enseignement aura lieu, etc.? Au nom de quoi priver les parents du droit de faire ces choix à titre individuel ?
Par conséquent, je ne sais pas pas combien de temps LES PROFESSEURS devraient passer à enseigner. Ni pour quelle rémunération. Ni même si le critère du “temps passé au collège” est le plus pertinent...
Ce que j’affirme, en revanche, c’est que soustraire l’enseignement au libre-marché est le tort le plus grand et le plus sûr que l’on puisse faire à cette activité humaine.
Dés lors, la proposition de Ségolène m’indiffère: elle est “ à côté de la plaque” par principe, pour la bonne et simple raison que la question est stupide.
Il y a dans sa démarche intellectuelle ( dans l’hypothèse, non démontrée pour l’instant, ou Ségolène et la notion de “démarche intellectuelle” seraient compatibles) une double erreur de logique élémentaire:
- avant de corriger quoi que ce soit, encore faut-il s’assurer qu’il y a un “problème” ( ce n’est pas si sûr dans le cas présent, comme je l’ai montré dans la première leçon: le fait que les professeurs veulent gagner de l’argent en enseignant est parfaitement normal)
- à supposer que problème il y ait, avant de proposer une solution encore faut-il exposer correctement le problème. Souvent, les réponses sont simples, pourvu qu’on pose les bonnes questions. "Les professeurs enseignent-ils assez de temps ?", semble se demander Ségolène. Elle affirme que non, donc elle va leur imposer une correction.
Or la question est doublement stupide: “assez de temps” ou “pas assez de temps” n’a de sens que par rapport à leur paye. Et nul n’a dit que la paye d’un professeur doit se mesurer seulement au temps passé à enseigner effectivement... Et encore moins que mes critères d’évaluation d’un professeur doivent être les mêmes que les critères de Ségolène...
Laissons donc à chaque parent le droit de choisir combien il veut payer un professeur et ce qu’il lui demandera en échange ( du temps, de la qualité, ou que sais-je encore...). Les payes et les critères seront trés divers.... Tout le monde sortira gagnant de cette diversité: en quelques années, cette diversité fera apparaitre des solutions nettement meilleures que tout ce que Ségolène ou autre “Commission d’Experts” ne pourra imaginer. Et si certaines de ces solutions seront clairement “supérieures” à d’autres, elle vont se généraliser spontanement. Nul besoin de pensée “Royale” pour ça. Si, en revanche, aucune solution ne sera “unanimement” supérieure aux autres... ma foi, de écoles trés diverses existeront: ou est le mal ?
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