Ségolène et les profs (lecon N°1)

Publié le par Andrei LUDOSAN


A cette adresse on peut voir la fameuse video ou nôtre chère Ségolene propose de garder les profs 35 heures à l'école.


Il y a deux aspects:
a) La proposition en elle-même. Bonne idée, mauvaise idée  ? On reverra la question.

b) L’argumentaire. Nôtre chère Ségoléne semble donc surprise et indignée parce que certains profs préfèrent faire du “soutien scolaire” PAYANT et non pas GRATUIT. S’il s’agissait d’une demoiselle pré-pubère, on parlerait de naiveté attendrissante. S’agissant d’une personne qui prétend, le plus sérieusement du monde, à nous conduire, je parlerais plutôt de sottise dangeureuse et inacceptable.

Reprenons, à l’intention de nôtre Ségoléne nationale, quelques cours (niveau  collège...).

1. Les hommes, depuis que le monde existe, sont obligés de travailler pour survivre.  Il s’agit d’une vérité tellement élémentaire qu’elle n’avait echappé ni même aux hommes primitifs: “ tu gagneras ton pain à la sueur de ton front” dit une phrase ancienne (trés ancienne... on pense même que Dieu lui-même en serait l'auteur).
Le travail est une contrainte pour l’homme.
Il le fait parce qu’il en attend un bénéfice : c’était “survivre” dans les temps trés anciens, “mieux vivre” dans les temps plus récents.

2. L’homme est un animal social. Il survit “en meute”. Au même titre que les loups, le hyènes, les lions et bien d’autres animaux.
Le principal intérêt de la meute - par rapport à l’individu solitaire - c’est la répartition des tâches et la “spécialisation” des individus: c’est ce qu’on appelle “la division du travail”. Je fais des souliers pour moi et pour les autres, un autre fait le pain, pour lui et pour les autres, un troisième fait les habits, etc.
Ce qui veut dire qu’un individu bien précis accomplit une bonne partie de son travail dans le bénéfice immédiat des autres. Mais il “donne” les fruits de son travail aux autres seulement s’il recoit, en revanche, des fruits du travail des autres. Sinon, il ne le ferait pas !
On ne “donne” pas gratuitement, on “echange”. Et il faut que cet echange soit réciproquement avantageux, sinon l’echange n’aurait pas lieu.
La vie sociale  n’a d’intérêt - et n’existerait pas, d’ailleurs! - que dans la mesure ou chaque individu trouve plus avantageux d'échanger que de produire par ses propres moyens.

Pour mémoire, cet echange, librement convenu entre les parties prenantes et donc réciproquement avantageux, porte le nom de “marché”.
Détester “les marchés” revient donc à détester le fondement même de la vie en société: sans echanges, donc sans “marchés”, nous serions toujours une espèce composée d’animaux solitaires...


3. On peut admettre que, au départ, ces echanges avaient lieu par troc direct: une paire de souliers contre une hache, etc.  Mais on s’apercoit vite des limites du “troc”:
 a) si je produis des tomates (en été) je dois les donner aux autres tout de suite, tant qu’elles sont bonnes. Mais, en revanche, j’aurai besoin de viande de cochon... en hiver!
 b) combien de tomates pour un cochon?

Il est évident que l’invention la plus géniale de l’humanité, en ce sens, a été... la monnaie ! L’argent !
Cette valeur fictive ( l’argent) permet:
- de mesurer la valeur de ce que chaqu’un apporte aux autres
- de bénéficier du fruit de mon travail quand je le veux, pas forcemment tout de suite.
C’est grace à l’argent que les hommes ont pu “optimiser” de facon spectaculaire leurs echanges: on echange des objets et des biens trés éloignés dans l’espace ou dans le temps, on peut echanger entre un nombre infini de partenaires...

(je donne mes tomates aujourd’hui a Mr X, je prends des souliers demain à Mr Y et apres-demain Mr Y prend une hache à Mr X: voilà un echange à trois, et décalé de quelques jours seulement - le “troc” aurait encore pu se concevoir. Mais augmentez un peu le nombre des personnes et le décalage dans le temps et vous verrez que le troc devient impossible. Les echanges complexes sont rendus possibles uniquement grace à cet intermédiare génial qu’on appelle “monnaie”.

Sans cette “monnaie” il nous serait impossible d’avoir une simple feuille de papier: depuis l’arbre dans la fôret et jusqu’à la feuille de papier sur mon bureau, le nombre d’intervenants et la part de mérite de chaqu’un est dejà incalculable...).

 
Detester l’argent ( “maudit argent, argent qui corrompt tout!”) revient à détester l’un des outils les plus importants et les plus émancipateurs de l’histoire humaine ! Sans cette abstraction appellée “monnaie” ou “argent”, nos echanges seraient tellement limités que nous serions probablement encore des chasseurs nomades.


4. A la différence d’autres animaux, dans l’espèce humaine la plupart des conduites nécessaires à la survie ( conduites individuelles, conduites sociales, etc.) ne sont pas innées mais apprises.
Un bébé ours, abandonné dans la forêt, a éventuellement des chances de survivre et de se comporter comme n’importe quel autre ours par la suite. Ce n’est absolument pas le cas d’un bébé humain; et quand bien même il survivrait, il n’aura jamais un comportement “humain”.
L’activité d’enseignement-apprentissage est essentielle à la nature humaine.

On peut penser que l’apprentissage des hommes primitifs était une activité exclusivement “implicite”: le simple fait de vivre parmi les adultes servait d’enseignement aux enfants. Mais l’espèce humaine ayant acquis rapidement une somme de connaissances assez importante, “enseigner” est devenu une activité spécifique: le métier d’enseignant fait probablement partie des plus anciens au monde, et des plus fondamentalement "humains".
( les sophistes de la Gréce antique étaient déjà des professeurs de métier!  Aristote également).


Au même titre donc que “labourer la terre”, “fabriquer des outils”, “pêcher” ou “chasser”, “enseigner” est un métier.
Et donc les “enseignants” font ca pour recevoir en retour le objets et services necéssaires à leurs survie. Ils echangent leur enseignement contre des souliers, des tomates, du pain, etc.
Et si on se rappelle que ces echanges de biens se font par l’intermédiaire de l’argent, il s’ensuit que:
 “Enseigner” se fait normallement contre de l’argent.


S’étonner donc que les enseignants pratiquent leur métier à titre PAYANT et non pas GRATUIT relève d’une stupidité proprement ahurissante.

Aspirer à présider aux destinées de presque 60 millions de personnes (les francais) alors qu'on n'a rien compris au fonctionnement basique de n'importe quelle société humaine, est-ce  bien raisonnable ?
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Publié dans ludosan

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