Choisir Bayrou: point de vue genevois.

Publié le par Andrei LUDOSAN

Dans le Nr 162 - avril 2007 - du "Nouveau Libéral" ( publication mensuelle du Parti Libéral Genevois) on peut lire un article intéressant sur les "vertus" de Bayrou.
La Direction d'Alternative Libérale sera ravie de le lire.


"Analyser les péripéties de la politique n’est

pas chose aisée. Cela peut être ressenti
comme étant un fonctionnement artificiel
d’un système. Le rejet du système: c’est,
d’ailleurs, toute la stratégie d’un François
Bayrou dans la campagne présidentielle
française. Mais cela aussi est artificiel;
comme l’est l’idée que la solution serait
pour un Gouvernement et un Parlement,
de gouverner et de légiférer au Centre. Le
Centre, vu tel un point d’équilibre définissable,
à viser n’a pas de réalité. Un caricaturiste
d’un quotidien genevois croquait
drôlement François Bayrou en écrivant en
légende: un bon président… pour la
Suisse.
Pour la France, en tout cas, il n’est sûrement
pas la bonne solution. Casser le système:
pour faire quoi? Prendre un peu à
gauche, un peu à droite les meilleurs
talents, dans des compositions variables et
variées? Cela vous a comme un parfum
nostalgique de quatrième République dont
la paralysie dans la crise a fait revenir le
Général de Gaulle. Ce que promet
François Bayrou ne correspond nullement
à l’esprit de la cinquième République et la
sixième, qu’il suggère, ne serait très vraisemblablement
pas une chance pour la
France. Il faudrait bien autre chose que la
proclamation d’un Centre introuvable
pour moderniser et adapter un pays
malade de son jacobinisme, de sa bureaucratie,
de sa fonction publique pléthorique,
de ses rigidités réglementaires dans
l’économie, de ses corporatismes et de son
manque de dialogue social direct sans
interventions continuelles de l’Etat.
La France n’est pas que ces défauts, bien
sûr. Des réussites seraient aussi à mettre en
évidence. Il n’empêche que l’on se
demande si elle sera en mesure de développer
ses atouts, de reprendre élan et
confiance sans un passage par une politique
affirmée de réformes difficiles. Dans
les années soixante, l’Angleterre était le
pays malade de l’Europe occidentale. La
dame de fer a bravé les tensions. Voici une
Angleterre dynamique, qui attire en nombre
de jeunes Français. Là encore, on
pourrait nuancer le tableau. Il y a des
situations sociales, des secteurs, tels les
chemins de fer, la médecine, qui prêtent le
flanc à la critique. Mais, globalement,
l’Angleterre a un élan que la France a
perdu; cela parce que la première, même
avec les travaillistes, s’est inscrite dans une
ambiance et une logique d’un libéralisme
moderne et adaptable.
[...]
On l’aura
compris: ce n’est pas un Bayrou qu’il nous
faut, en Suisse pas davantage qu’en
France. Il nous faut un renforcement d’une
famille libérale résolue, rassemblée sur les
grandes lignes d’une politique ancrée sur
des valeurs et tendue vers l’avenir."


Jacques-Simon Eggly
Conseiller national


Mais, assurement, l'auteur de cet article, depuis sa lointaine Suisse, n'a ni la sagesse, ni les connaissances subtiles qu'on peut acquérir à Paris.
Ce qui explique d'ailleurs les succes français de ces dernières années, ainsi que les échecs suisses.
N'empêche, serait-il possible pour nous aussi, pauvres français, de gouter à quelques décennies d'échecs "à la suisse" ?
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Publié dans ludosan

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