Entre sottise et fourberie: programmes politiques (2)

Publié le par Andrei LUDOSAN

Toujours dans le programme du Parti Socialiste:
la gratuité des soins (limitée aux moins de 16 ans... mais ce n’est qu’un début).

Là-dessus, le doute ( entre imbécillité et fourberie) est permis: on a déjà eu l’occasion de constater que Ségolène ne comprend rien à l’économie, fut-elle basique ( voir “Ségolène et les profs”, sur nôtre blog).

Pour dissiper toute ambiguïté à ce propos, on va faire encore un essai explicatif:

LA SEULE ET UNIQUE HYPOTHÈSE QUI RENDRAIT CES SOINS GRATUITS EST CELLE OU MÉDECINS, INFIRMIERS, FEMMES DE MÉNAGE, FABRICANTS DE MATÉRIEL MÉDICAL, AMBULANCIERS, FABRICANTS DE STYLOS, PAPIER, ORDINATEURS, ETC. OFFRAIENT LEURS SERVICES GRATUITEMENT !!

Mais comme il n’a jamais été question de ne pas payer le travail des femmes de ménage, des ouvriers fabriquant du matériel médical, etc., il s’ensuit que ces services ne sont pas GRATUITS.
Ils peuvent paraître gratuits pour ceux qui en bénéficient: tout simplement parce que d’autres en assurent le payement !

Mais qui va payer ? Deux ou trois solutions se présentent à l’esprit d’un énarque:

1. Désigner à la vindicte publique ces “autres” qui vont payer: les “riches” -qui, bien sûr, ne sont riches que parce qu’ils sont des salauds !
C’est la solution que nous vendront les énarques “ de gauche” ( d’ailleurs Ségolène a fait l’ENA, comme les autres...). Je cite: “le porte-parole du PS Julien Dray a donc tenu à préciser que les mesures annoncées par Ségolène Royal seraient financées « sans augmentation des prélèvements obligatoires ». « Il y aura une réforme fiscale qui modifiera un certain nombre de choses, notamment sur le poids de ces financements liés à l´impôt », a-t-il expliqué.” 
A bon entendeur, salut !



2. Espérer qu’un jour les médecins, infirmiers, etc.  travailleront gratuitement !  C’est la solution des énarques “ de droite” ( qui se donnent des airs de grands “économistes”).
En tout cas, elle fût retenue en son temps par Alain Juppé, autre grand penseur made in ENA. Rappel: en 1995, les ordonnances Juppé postulaient un mécanisme économique très novateur: il fixait, en début d’année, une somme globale pour les soins médicaux de la nation, à ne pas dépasser. Si, à la fin de l’année, la dépense avait dépassé l’objectif fixé, le surplus devait être “remboursé” par les médecins. Pour stimuler la responsabilité “collective” des médecins,  ce dépassement allait être remboursé “équitablement” par tous les médecins.
Ça parait lumineux... c’est bel et bien les médecins qui empochent le “trop-perçu”, à eux de le rendre !
Pour comprendre le “bien-fondé” d’un tel mécanisme, je vous prie de faire la même opération avec le Supermarché de vôtre quartier: vous mettez, en début d’année, un somme fixe sur la table du Supermarché: voilà ce que nous voulons dépenser pour la nourriture cette année ! Durant l’année en question , vous allez vous servir dans les rayons autant de fois que vous le voudrez: champagne et caviar à volonté ! En fin d’année, devant la facture - nettement supérieure à vos désirs initiaux - vous direz à ce salaud de vendeur: "qu’à cela ne tienne, tu recevras seulement la somme prévue au départ !"(rembourser le “trop perçu” ou bien ne jamais le percevoir c’est la même chose...) "Tu n’as qu’à répartir “équitablement” la perte sur chacun de tes produits !"
  Il est évident que si, dans des “étapes intermédiaires” un tel mécanisme fera travailler le vendeur à perte ( son statut, de facto, ressemblant de plus en plus à de l’esclavage) l’horizon ultime sera, bien entendu, de faire travailler le Supermarché... gratuitement !

La pensée économique “made in ENA” ne cessera jamais de nous ravir !  Quelle chance d’avoir, en France, une si brillante école pour nous fournir des dirigeants que le monde entier nous envie !
Le lecteur attentif aura, j’espère, compris l’erreur enfantine de Mr Juppé: les bénéficiaires réels de l’argent de la Sécu ne sont pas les prestataires de soins médicaux mais... ceux qui reçoivent des soins!  Une lecture des “Sophismes Économiques” de Bastiat aurait peut-être évité à Mr Juppé une si grossière stupidité... mais Bastiat est inconnu à l’ENA.

A titre accessoire: le plan Juppé, à l’époque, introduisait par la même occasion la notion de responsabilité ( et donc, à l’occasion, de “culpabilité” ) collective. En effet, supposons un médecin qui, soucieux des comptes de la Sécu, allait fermer son cabinet quelque part vers la mi-novembre ( ce que certains firent, en 1996...) histoire de ne pas contribuer au dépassement de l’Objectif National de Dépenses de l’Assurance Maladie ( le fameux ONDAM). Mais comme tous les médecins ne se montrèrent pas aussi “patriotes” ( et, par esprit de lucre, continuèrent à soigner des malades: quels salauds!), l’ONDAM fût dépassé. Eh bien... nôtre vertueux médecin allait néanmoins, lui aussi, avoir sa part de “pénalité” (techniquement impossible - ou trop coûteux - que de distinguer entre les médecins “vertueux” et les “cupides”) !  Excellent !  A bien y réfléchir, la Gestapo, en fusillant un village entier pour punir le meurtre d’un soldat allemand ( trop compliqué de rechercher un coupable individuel...) ne faisait qu’anticiper la pensée juridique de Juppé :  “punir” un individu du simple fait de son appartenance à un groupe ( “médecins” pour Juppé, “ juifs” pour Hitler, “bourgeois” pour Staline... seul change le critère de définition du groupe, le principe reste le même).
N’oublions pas que Mr Alain Juppé fût qualifié de “meilleur d’entre nous” ( “nous “ les énarques ?): vous imaginez alors les autres... !!

Mais revenons à nos propos économiques.

3. Une troisième solution “économique”, largement pratiquée par l’énarquie est de faire payer... nos enfants !  Autrement dit, augmenter la dette de l’Etat.
Sur ce point, “droite” et “gauche” sont sensiblement à égalité. Il est vrai qu’il s’agit de la solution la plus “électoralement” indolore: on ne se fait pas élire par la génération future ! 
La gauche et la droite se disputèrent d’ailleurs les honneurs de la primauté conceptuelle de la CRDS (Contribution au Remboursement de la Dette Sociale... tout est dit dans le nom !).

Juste retour de bâton: il est à craindre que la génération “future”, pressée comme un citron sous le poids de la dette, ne trouve plus beaucoup de ressources pour les prestations “sociales”: or les retraites des élus ( et électeurs!) prodigues d’aujourd’hui font partie des “prestations sociales” de demain ! 

Nous verser des retraites misérables: ce sera, d’ailleurs, la seule véritable (et juste ?) sanction que nos enfants pourront encore nous infliger pour nôtre irresponsabilité d’aujourd’hui !

En attendant, votons Sarkozy ( il nous a promis de nous loger “gratis”!) ou Ségolène (elle nous promet de nous soigner “gratis” !).  Et n’écoutons pas ceux qui nous disent que cette “gratuité” va coûter diablement cher: ce ne sont que des libéraux !

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Publié dans ludosan

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