Fidélité au chéf ou aux idées?
On me raconte le cas d'une personne (probablement membre de l'UMP), apparement attachée au libéralisme, qui tint un discours démontrant l'incohérence conceptuelle de certaines positions de Mr Nicolas Sarkozy.
A la fin de ce discours, un memebre d'Alternative Libérale lui proposa, fort logiquement, d'apporter son soutien à ce nouveau parti qui est, lui, clairement et explicitement libéral.
La réponse fût la suivante:
- Oui , effectivement, la position d'Alternative Libérale est, en substance, ma position. Néanmoins, par fidélité à Mr Sarkozy et par fidélité au pragmatisme je vais soutenir Mr Sarkozy !
Au premier abord, on peut être impressionné: le devoir d'honneur si haut placé, quelle belle leçon de droiture ! Un preux chevalier de la Table Ronde n'aurait pas mieux fait pour son Roi Arthur !
Pourtant... cette réponse est une sottise.
Doit-on rappeller que le choix politique est présumé être un choix de concept, non pas de personne ? Doit-on rappeller que cette fidélité à une personne comme valeur suprême ( devant laquelle ses opinions personelles deviennent secondaires! ) cette vision donc appartient... justement, au Moyen Age, à une vision de clan ? Doit-on rappeller que l'application de cette conception moyenageuse à la vie sociale moderne signifie.... les gangs de rue, la Mafia sicilienne ?
Dans tous ces cas (clan, gang de rue, Mafia) justement l'individu s'efface ( il "la met en sourdine!"): primauté à son appartenance à un groupe !
Dés lors, peut-on encore refuter le nazisme ou le stalinisme ? Là aussi, ce n'était pas l'individu en tant que tel qui comptait mais son appartenance à un groupe (groupe racial dans un cas, groupe social dans l'autre).
Qui plus est, on devient ainsi coupable devant les élécteurs: un Parti Politique est censé être la libre association de personnes autour d'une conception ! Un "Parti Politique" fondé sur des relations d'allégeances personnelles - et d'allégeance inconditionelle au Chef ! - n'est plus un Parti Politique mais un club d'amis ou un clan mafieux.
La réponse en question s'avère donc:
- une sottise, sur le plan personnel
- une imposture à l'égard des électeurs
Ce qui est tragique c'est qu'on puisse être fièr en se reclamant d'une telle vision des choses. Et qu'on puisse passer pour un "traitre" si jamais on "désobéit".
Deux siècles de lutte au nom de La Liberté pour aboutir à ça: quel gaspillage !