ludosan

Dimanche 9 mars 2008 7 09 /03 /Mars /2008 00:36

Chère Madame la Présidente

En lisant vôtre interview publiée sur Agoravox le 05 mars 2008, j’ai dû m’y reprendre, tellement je fus surpris: à quelques nuances près, vous semblez souhaiter pour nôtre jeune parti... exactement la même chose que j'écrivais il y bientôt un an.
Si je retiens, comme axe “stratégique” de vôtre présidence, les propos suivants:
“Mon projet est tout à fait différent. Je souhaite qu'AL reste un parti libre, contre tous les conservateurs, de droite et de gauche. Nous sommes une troisième voie de la vie politique française. Il s'agit de marteler cette indépendance et de refuser d'aller à la course aux alliances précoces qui tueraient dans l'œuf ce que nous avons fait de ce mouvement[...]
Plus prosaïquement, si je suis élue présidente d'AL, mais aussi bien comme candidate, je crois que je serai extrêmement prudente avec toutes les déclarations de soutien à d'autres partis : l'expérience passée a montré combien ce type de déclarations pouvait être périlleux. Et je crois que, à ce stade de notre développement, ce qui prime n'est pas d'être élus, mais de nous rassembler et de renforcer notre identité. Nous discuterons soutiens et alliances le jour où nous serons assez forts pour que les autres intègrent notre programme, plutôt que de simplement "placer des gens". Avant, il ne sert à rien de s'exciter sur ces questions, il faut plutôt préférer "labourer" et nous faire connaître de nos électeurs.”

je ne peux alors que vous inviter à lire (ou relire ?) mes propos en date du mois d’avril 2007.
Rassurez-vous, je ne vous demanderai pas de “droit de pré-éminence”: je crois que vous n’avez jamais lu mon humble blog. Par ailleurs, ces idées-là n’appartiennent à personne en particulier: je n’étais pas le seul à penser ainsi, à l’époque. Au mieux, je fus parmi ceux qui les exprimèrent avec le plus de véhémence et/ou de clarté.

Je devrais donc me réjouir, en vous lisant actuellement.
Seul hic: à l’époque ou je tenais ces propos, vous et moi étions loin d’être “du même bord”.

Bon, admettons qu’il n’y a que les cons qui ne changent pas d’avis (auquel cas, je le suis peut-être car mon avis n’a pas changé...).


Cependant... la tâche ne vous sera pas aussi facile, pour plusieurs raisons:
a) Justement, les faits et propos du passé rendent “suspect” vôtre positionnement actuel. Même si vos propos actuels expriment une conviction profonde, il vous faudra être consciente qu’en ce sens vous partez avec un “handicap” de crédibilité non négligeable.
b) Si vous considérez vôtre positionnement actuel comme “juste et bon”, vous devez admettre que j’étais “juste et bon” avec un peu d’avance. Alors... autant réfléchir à d’autres propos que j’ai pu avoir, par le passé. Peut-être l’avez-vous oublié (ou ignoré), j’avais durement critiqué l’Intranet d’Alternative Libérale. Je l’avais qualifié de “stalinien”, dans sa conception et son fonctionnement: des accès plus ou moins étendus à l’information, selon le “grade” des individus au sein du parti, accès accordés par un web-master inconnu, au gré de son bon vouloir... ça rappelait furieusement une mentalité de Gestapo et non pas celle d’une assemblée de “libéraux”.  Mr Edouard Fillias (qui est, à ce que j’ai cru comprendre, vôtre mari) doit certainement avoir une trace de mon courrier adressé aux “responsables” du parti, à ce propos: en tout cas, il l’a lu puisqu’il y a répondu...

Je disais donc que les meilleures leçons se donnent par l’exemple, et qu’il est par conséquent incongru de prêcher “le libéralisme”... tout en ayant nous-même une organisation et des comportements de KGB.  En guise de réponse... mes accès à l’Intranet furent, à l’époque, drastiquement réduits ! Quelle conclusion aurais-je dû en tirer ?
En admettant donc que, là-aussi, je n’avais peut-être pas “tout faux”, que doit-on penser d’une présidence, la vôtre, dont le premier pas a été... de supprimer le dernier espace de liberté d’expression au sein du parti, à savoir les Forums de cet Intranet ?
c) Vous n’êtes pas sans savoir que, durant notamment l’année 2007, beaucoup d’antipathies, de méfiances et de suspicions se sont accumulées parmi les adhérents. Pour des raisons dites “personnelles” ( donc indignes et méprisables...). Et les “bien-pensants” de rappeler que, sur le plan “idéologique”, nous avons peu de raisons de division. Il est vrai, tant qu’on s’en tient aux déclarations pieuses (c’est ce qu’on entend par “plan idéologique”), peu d’entre nous sont critiquables. La zizanie commence à la vue... des actes. Et la pire des stupidités est de qualifier ces zizanies de “personnelles”: ça permet de les mépriser. A tort! En réalité, cela prouve - une fois de plus s’il en fallait - que personne ne juge les autres selon les déclarations “officielles” mais... selon les actes. Au fond, quand, dans vos interventions publiques, vous analysez Mr Sarkozy ou d’autres personnalités publiques, n’appliquez-vous pas strictement la même grille de lecture?

Au risque de paraître idiot (car, sur ce point aussi, mon avis n’a pas changé), je me permets de répéter: les meilleures leçons se donnent par l’exemple et les actes !

A la lumière de cette affirmation, je me permets donc de croire que vôtre tâche à la tête du parti sera immensément difficile:
- parce que la tâche, par elle-même, sera difficile, tant les suspicions et malentendus se sont accumulés et pourrissent.
- parce que c’est vous qui vous y attelez. Comme je vous le disais, vous ne partez pas avec une image de cohérence indiscutable entre propos et agissements.

Cela étant, aucune bataille n’est perdue... avant de livrer bataille.

En vous souhaitant bien du courage.

Par Andrei LUDOSAN - Publié dans : ludosan
Ecrire un commentaire - Voir les 6 commentaires
Jeudi 6 mars 2008 4 06 /03 /Mars /2008 13:02
Quel orage (de propos)... avant même que ne tombe la moindre goutte d’eau.

Tous s’empressent de donner leurs avis (fort expert!) sur ce qui va (certainement!) se passer. D’autres ont déjà des idées sur ce qu’il faut faire afin d’éviter “les dérives”. Etc., etc.
Mais... à l’origine de cet orage de propos, il y a quoi ?

Simplement l’annonce de la prochaine création d’un site Internet ( http://www.note2bib.com ) qui permettra aux usagers de “noter” les médecins.

Je vous passe les opinions, nombreuses, de prétendus “sages”.... A défaut de nous convaincre de la dangerosité future dudit site, elles nous persuadent surtout de la sottise présente des auteurs de ces propos.

Pour ma part, je ne comprends pas cet émoi: ça fait des lustres qu’on “note”, sur Internet ou dans la presse écrite, des produits et des services. En quoi le service “médical” devrait-il en être exempt?

Et je ne comprends pas non plus la prétendue possible nuisance. Le secret médical risque d’en pâtir? Désolé pour ceux des médecins qui le pensent, c’est qu’ils n’ont rien compris au secret médical (et cette incompréhension, de la part d’un médecin, me parait, hélas, bien grave): le secret appartient et concerne le patient, pas le médecin. Un patient qui consulte ne prête aucun serment préalablement. Les propos du médecin, ses décisions thérapeutiques, etc. sont, de facto, publiques. Ou, en tout cas, publiables. D’autant plus que le patient va consulter “le médecin” Dupont (donc une fonction d’utilité publique, dont Mr Dupont n’est que le vecteur occasionnel) et certainement pas la personne privée de Mr Dupont.
En sens inverse, Mr Dupont, avant de pouvoir placarder à l’entrée de son cabinet l’enseigne “médecin”, a dû prêter un serment. Dans l’exercice de son rôle de médecin, Mr Dupont a des obligation bien précises. Surtout à l’égard du patient qui franchit le seuil du cabinet pour consulter le médecin et non pas pour boire une bière, entre copains, avec Mr Durant.

Que cela nous plaise ou pas, “le médecin” a une obligation de secret. “Le patient-usager” n’en a aucune.

Or, le site annonce qu’il va recueillir les propos et les avis... des patients-usagers. Si ceux-ci souhaitent donc rendre publics leurs problèmes et/ou le contenu du “colloque singulier” qu’ils ont eu avec tel ou tel médecin... grand bien leur fasse.

Quant au CNIL, il semble pencher du côté des médecins qui refusent cette future “horreur” (le CNIL rappelait, suite à 17 plaintes - déjà, alors que le site est encore une hypothèse! - que “on ne peut pas inscrire le nom d’une personne sur un site sans l’avoir informé au préalable”. Sous-entendu: tout médecin qui verrait son nom apparaître sur le site pourrait en demander le retrait). Espérons que le CNIL, dans sa grande sagesse, saura se rappeler qu’il a pour mission la protection des données personnelles.

Autre possible nuisance: réputations professionnelles injustement salies. Le risque, certes,  n’est pas nul. Cela étant, toutes les autres activités humaines qui subissent des “notations” courent, elles-aussi, ce risque. Si les autres vivent avec ce risque, je ne vois aucune raison pour que la médecine et les médecins en soient exempts.

Paradoxalement je crois que, à moyen et long terme, des initiatives comme celle-ci feront beaucoup de bien: aux usagers, certes, mais aussi, à plus long terme, aux médecins eux-mêmes (par des voies que seul le Seigneur - ainsi que le prétentieux auteur de ces lignes - connaissent).


Par Andrei LUDOSAN - Publié dans : ludosan
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Mercredi 5 mars 2008 3 05 /03 /Mars /2008 20:57
Durant la “guerre froide”, les transfuges des pays de l’Est étaient accueillis à l’Ouest avec compassion: normal, ils étaient victimes de “régimes totalitaires”.

Au fond, en quoi un régime est-il “totalitaire”? En simplifiant à l’extrême, je retiens deux caractéristiques fondamentales:

1. La confiscation de la LIBERTE ECONOMIQUE INDIVIDUELLE par l’Etat.  C’était le fondement même des régimes communistes, avoué et revendiqué comme tel.

2. L’absence de LIBERTE INDIVIDUELLE DE PENSEE ET DE PAROLE: l’Etat sanctionnait durement tout propos “non-conforme”.
Ce deuxième trait était officiellement nié par les régimes en question. Les Constitutions de ces pays, sans exception, “garantissaient” la liberté de parole et de pensée, et les répressions exercées par l’Etat à ce propos devaient donc être “maquillées”: emprisonnement pour délits (fictifs, bien sûr) “de droit commun” ou bien internement pour “folie”.

Les deux traits, à bien y réfléchir, sont “consubstantiels”: d’ailleurs, la liberté de parole ne devenait “coupable” que si elle mettait en cause les personnes de “l’establishment” (en jargon local, les “apparatchiks”) ou bien, pire encore, les fondements idéologiques de cet “establishment”.
On pourrait dire que c’est la confiscation de la liberté économique individuelle qui est le trait fondamental et initiateur du “totalitarisme”: la perte des autres libertés en découle, inexorablement.

Au fond, les pays communistes avaient ré-inventé l’esclavage. La différence - mineure et superficielle - avec l’esclavage antique étant qu’au lieu d’avoir des “maîtres” individuels on avait affaire à un seul maître abstrait: l’Etat.
Mais une abstraction n’existe que sur le papier: dans la pratique c’était des hommes - bien individuels et réels- qui exerçaient, au nom de “l’Etat”, ce pouvoir tyrannique et absolu. L’ensemble de ces individus constituaient “les apparatchiks”. De facto, ils étaient des maîtres d’esclaves, ou, si l’on veut, des gardiens de prison. Le pays tout entier devenait, en quelque sorte, un immense camp de travaux forcés, un “goulag”.
Il était donc normal que l’on accueille ceux qui s’en évadaient, afin qu’ils retrouvent ce droit humain que nous chérissons tellement: la liberté individuelle. Dont le volet fondamental semble être la liberté économique.

Il apparaît donc bien curieux, de nos jours, de blâmer des gens qui fuient leurs pays afin d’échapper... à la même confiscation étatique des biens individuels, confiscation qu’on appelle IMPOTS.

Si, hier, c’était l’Etat soviétique confiscatoire qui, à nos yeux, était le seul coupable du désir des gens de s’en échapper, il apparaît incohérent, de nos jour, de ne pas penser que le principal coupable de la fuite des gens vers des “paradis fiscaux” serait... également l’Etat d’origine de ces personnes et non pas le “paradis fiscal” vers lequel ils aspirent.

En clair, l’Allemagne (et la CEE avec), en vitupérant contre le Lichtenstein ( bientôt contre la Suisse, le Monaco, l’Andorre, etc.) se comportent, de nos jours, rigoureusement selon le même mécanisme de pensée que les autorités soviétiques d’antan.

Quelle "souplesse" éthique! Ca doit correspondre à ce qu'on appelle (fièrement!) "être pragmatique et non-dogmatique" !

Comparaison n’est pas raison, me dira-t-on.
Je demande qu’on m’explique en quoi ma comparaison est défaillante .

Pour ma part, je ne vois pas de différence qualitative mais seulement quantitative, à savoir le taux de la confiscation étatique. Il avoisinait les 100% en URSS, il est aux alentours de 50% dans les pays européens (France, Allemagne, etc.). Le principe, lui, reste le même dans les deux cas: ce n’est pas l’individu qui décide de ce qu’il accorde à “la collectivité” mais “la collectivité” qui décide de ce qu’elle laisse à l’individu.

Alors... la différence entre un régime “totalitaire” et un régime “de liberté” serait-elle une simple question de pourcentage? Pourcentage défini souverainement par quelques “apparatchiks” dont la seul vertu est... d’être nés “à l’Ouest” ?
Une prison ou l’on vous accorde quelques heures de “programme libre” par semaine - au gré du bon vouloir des geôliers - devient-elle pour autant “un havre de liberté” ?

Si la réponse à cette dernière question est affirmative, j’avoue que l’on doit réviser de fond en comble ma conception de la liberté. Dans une telle hypothèse, le monde “libre” a certainement dû prévoir quelques camps de ré-éducation (fort “libres”, n’est-ce pas ?) destinés aux “fous” comme moi...  Avec “Arbeit macht Frei!” au
frontispice ?

Par Andrei LUDOSAN - Publié dans : ludosan
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Vendredi 8 février 2008 5 08 /02 /Fév /2008 22:22
Comme je le disais, le rapport me parait d'abord et avant tout incohérent.

Fait hilarant, c’est justement de “cohérence” que le rapport se vante le plus.
Il le fait d’ailleurs dés les premières lignes: dans la plus pure tradition du “haut fonctionnaire”, avant même d’en exposer le contenu, le Rapport Attali commence par nous dire comment on doit l’interpréter. “L’analyse critique” précéde la “lecture du texte”! Et, afin de nous epargner des efforts intellectuels (au-dessus de nos moyens, sans doute) l’auteur du Rapport s’est chargé de faire lui-même cette “critique”.
Et, sur ce point, il n’est pas avare de compliments.


Le Rapport est “non partisan” ! Comprenez: c’est la plus pure des “objectivités”.  Donc, c’est LA VERITE. Nous voilà fixés.

“ C’est un ensemble cohérent, dont chaque pièce est articulée avec les autres, dont chaque élément constitue la clé de la réussite du tout.”

Il faut sans doute être énarque et monstrueusement prétentieux (excusez le pléonasme) pour pondre une telle affirmation. Surtout lorsque suivent... 316 “décisions”. Oui, vous lisez bien, trois cent seize ! J’offre le champagne à celui qui me montrera un assemblage non pas de 300 mais seulement de 50 ou 100 “mesures” (ou “affirmations”, ou “propositions”, ou tout ce que vous voulez dans le genre) constituant un ensemble rigoureusement articulé, et avec un cohérence interne telle que l’omission d’une seule “proposition” compromette irrémédiablement l’ensemble.

Nôtre Rapport prétend avoir reussi cet exploit au triple !


N’importe quel gamin au lycée sait qu’une telle affirmation est fausse si au moins une pièce du “puzzle” peut être enlevée sans que les autres “s’ecroulent”, et sans nuire à la “réussite du tout”.

Essayons donc, au hasard:

DÉCISION 276
Ouvrir le recrutement des directeurs des hôpitaux publics à des cadres, entrepreneurs ou médecins des secteurs publics et privés.


DÉCISION 277
Modifier la formation de l’École nationale de la santé publique (ENSP) exagérément axée sur des problématiques juridiques et inadaptée aux exigences managériales de modernisation des structures hospitalières.


L’objectif de ces 2 “décisions” est louable: améliorer et moderniser la gouvernance des hôpitaux, en élargissant “l’origine intellectuelle” et “l’horizon culturel” des cadres dirigeants. Excellent, mais... par rapport à nôtre problème de cohérence et de mesures “mutuellement indispensables”,on est loin du compte:

  - en quoi la non réalisation éventuelle de ces 2 décisions nuirait-elle à la réalisation de décisions telles que:
 

DÉCISION 1: Améliorer la formation des éducateurs et éducatrices de crèche et des assistantes maternelles, revaloriser leur diplôme et en augmenter le nombre
ou bien
DÉCISION 51: Faciliter l’accès de tous au réseau numérique. ?


Faible d’esprit, je suis incapable de voir l’intime et indissociable inter-dépendance entre le recrutement des directeurs d’hôpitaux et la formation des éducatrices de crèche...


 Pire encore, les “décisions” 276 et 277 “s’affaiblissent” l’une l’autre: si la formation à l’ENSP devient “adaptée aux exigences manageriales de modernisation...”, on n’a plus un besoin si vital que ça d’aller chercher des directeurs d’hôpital ailleurs. Ou inversement: si on peut recruter des directeurs d’hôpital sans passer par l’ENSP, la qualité de cette école n’est plus un problème si “vital” que ça.
En clair, si la réalisation des 2 décisions est, certes, souhaitable, on constate que la bonne réalisation de l’une rend la réalisation de l’autre parfaitement secondaire.
A bien y refléchir, je dirais que la décision 276 suffit: si on peut recruter des directeurs d’hôpital autrement qu’en passant par l’ENSP, cette dernière, tôt ou tard, se réformera toute seule, sous peine de disparaitre à cause de la concurrence. “L’objectif” de la nation est d’avoir de bons directeurs d’hôpital (quelques soient les “fillières” de formation), pas de sauvegarder à tout prix une “fillière” particulière.

On a donc trouvé une (ou deux?) “décisions” - 276 et 277 - dont l’absence ne semble pas mettre en péril tout le reste. En pure logique “mathématique”, c’est déjà suffisant pour démontrer l’absurdité du propos concernant l’indestructible cohérence et inter-dépendance de l’ensemble.

Mais bon, dira-t-on, on n’est pas au cours de mathématiques, une telle exigence “formelle” de nôtre part est peut-être exagéré. Si quelques “décisons” sont peut-être d’importance moindre, l’essentiel du propos reste vrai: la plupart des “décisions” sont fortement correlées.

On ne va pas multiplier les exemples contraires: ils sont nombreux. “L’ensemble” n’est ni plus ni moins cohérent que toute autre “collection de propositions” que le pays a connu (et connaitra encore, probablement...).

Cette prétention de cohérence à toute épreuve n’est qu’une fumisterie, un “auto-satisfecit” facile et “gonflé” (la “touche” personnelle du Président de Comission ?). C’est d’autant plus ridicule que - subtilité sémantique - on ne nous présente pas des “propositions” mais des “décisions”. Décidemment, le ridicule ne tue pas dans ce pays (quelle chance, pour le rédacteur du Rapport...).


A quoi sert cette fanfaronnade? A faire “pression” sur les décideurs politiques (vous devez TOUT acheter ! Pas de vente au détail !) ? Ca semble être le cas, quand on affirme que:

“Ceci n’est pas non plus un inventaire dans lequel un gouvernement pourrait picorer à sa guise, et moins encore un concours d’idées originales condamnées à rester marginales.”
Décidemment, l’auteur du Rapport veut à tout prix une place de choix au Panthéon des Sauveurs de la Patrie, et il fait du “marketing” agressif.

Hélas... il faut être complétement débile pour croire que, publicité “agressive” ou pas, le pouvoir politique va gober celà sans objection. Pour des raisons tantôt bonnes tantôt moins, le gouvernement va “picorer à sa guise” dans cet “inventaire”, et beaucoup d’idées resteront “marginales”. Même un gamin sait qu’il est impossible, dans un pays démocratique, qu’on prenne 316 “décisions” sans la moindre objection, simplement parce que c’est Le Guide Suprême (auto-proclamé) de la Sagesse Universelle qui les a pondues.
“Le petit Livre Rouge” appartient - heureusement d’ailleurs - à des horizons civilisationnels différents (et en voie d’extinction...)


Or, que je sache, Mr Attali est un grand illusioniste intellectuel, mais pas naif à ce point. Il sait trés bien, et à l’avance, ce qui va se passer en réalité.

La raison de tout son laïus sur ses 316 “décisions” qui seraient indissociables sans dommages (graves!) pour la réussite “du tout”, la raison donc n’est pas de “tout vendre” mais, plus simplement, d’avoir une excuse toute préparée pour l’échec (ou, du moins, pour l’insignifiance des “victoires”) des quelques mésures qui seront éventuellement appliquées.


 
Par Andrei LUDOSAN - Publié dans : ludosan
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Vendredi 8 février 2008 5 08 /02 /Fév /2008 22:01
Premières impressions...

 C’est un tigre en papier. La pretendue “audace” ou “radicalité” du propos est un effet de manche.

Elle ou, cette “radicalité” ?

a) dans le constat (la France comme pays de privilèges, de castes et de corporatismes)? Ce n’est plus une nouvelle, ni même pour le moindre balayeur de rues. Tout le monde le sait, depuis fort longtemps.
Pour l’anecdote: il y a bientôt 20 ans, j’arrivais en France depuis la Roumanie de Ceausescu. Etant étudiant en médecine mais sans aucune ressource, je travaillais - la nuit, les WE - pour gagner ma vie. Les boulots habituels du genre: veilleur de nuit, agent d’entretien, livreur de marchandises à domicile...
Comme, à l’époque, mon pays natal était une sorte de “terra incognita” aux yeux de beaucoup, j’essayais de raconter à mes collégues de travail ce que c’était le totalitarisme, le pouvoir confisqué par une “caste” d’apparatchiks... Un soir, un de mes collégues, aprés m’avoir écouté longuement, conclut:  “Bof... ici c’est pareil. La-bas c’est “Ferme ta gueule!” ici, c’est “Cause toujours!”.
Je répète, c’était il y a bientôt 20 ans...


b) Dans les propositions ? Aprés le constat - la cause de tous les maux est le dirigisme “d’en haut”, et la mainmise d’une “Nomenclature” sur toutes les décisions - on aurait attendu (logiquement, si j’ose dire) des remèdes visant justement à re-donner de la liberté de décision aux “petits”. Or la plupart des propositions visent... à nous expliquer ce que nous devrions faire et les mesures à prendre... par l’Etat, afin que nous fassions ce qu’il faut !
(peut-on laisser la “plébe” juger par elle-même de ce qui est bon au monde? Impensable!)
En somme, on ne change pas le principe, on change juste les ”axes de développement”, les “téchniques de direction” et, éventuellement, de “Nomenclature”...

Certes, un bon nombre de mesures visent effectivement une “libéralisation” (propositions sur l’enseignement,  liberté d’installation des commerces, réductions des “monopôles” professionnels, etc.). D’autres - au moins tout aussi nombreuses - visent en revanche à “pousser” clairement la société vers les objectifs (lumineux, à n’en pas douter!) définis par le Grand Sage ( objectifs scolaires, objectifs en nombre et taille d’entreprises, 10 Ecopolis,  10 Universités “mondialement reconnues”, etc.).

On clame haut et fort le désir de réduire les contraintes d’Etat. Pourtant, à côté de mesures allant effectivement dans ce sens on a droit à au moins autant de nouveaux “trucs” étatiques, destinés à “orienter” et “aider” les entreprises: historiquement, ces “Agences d’Etat” ont toujours montré leur tendance à employer beaucoup d’agents “conseillers” et presque jamais leur utilité. Comme toujours, “3 généraux pour 1 soldat”... (lire aussi "Les Rameurs de l'ENA" pour mieux s'impregner de cette technique managériale...)

Bref, s’il y a une première chose qui me frappe, c’est... l’incohérence conceptuelle de ce rapport.

Par Andrei LUDOSAN - Publié dans : ludosan
Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires
Jeudi 6 septembre 2007 4 06 /09 /Sep /2007 14:22
Aux banquiers, un message a été envoyé hier par le président de la République (...) Nicolas Sarkozy a enjoint les établissements financiers de ne pas prêter "davantage ou plus facilement" aux "spéculateurs" qu'aux ménages et de ne pas fermer les robinets du crédit en réaction à la crise des marchés financiers
LE FIGARO , 31 Aout 2007


M. Sarkozy adresse une lettre-manifeste aux enseignants
[...]
C'est un manifeste de 32 pages que le chef de l'Etat leur consacre, sous le titre "Lettre aux éducateurs". La présentation est sobre, le style élégant, le propos humaniste. Non sans lyrisme, M. Sarkozy demande "une nouvelle Renaissance, qui n'adviendra que grâce à l'éducation.
LE MONDE, 04 Sept 2007

Nous avons donc:
 
  •  - l'Epître aux Banquiers         et
  •  
  •  - l'Epître aux Educateurs

Un Nouveau Testament ("républicain"?) - par
l'Apôtre Saint-Sarkozy ! - serait-il en train de naitre sous nos yeux (éblouis, émerveillés) ?

Du pain sur la planche pour Apologétes, Exegétes, Pères de l'Eglise et autres Biblistes....
(et gare aux Apocryphes...)

En attendant...
Repentez-vous, pauvres et misérables mécréants !

( pour ma part, j'attendrai quand même quelques guérisons miraculeuses, avant de me convertir...)


Par Andrei LUDOSAN - Publié dans : ludosan
Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires
Vendredi 31 août 2007 5 31 /08 /Août /2007 12:31

Durant sa campagne éléctorale 2007, Mr Sarkozy se dit grand défenseur du système français actuel d’assurance-maladie. A la question de la liberté tarifaire des médecins “libéraux”, il répondit vaguement, en évoquant des possibles “espaces de liberté tarifaire”, assortis de contre-parties dumement contrôlées ( par l’Etat, bien sûr !) en termes de “qualité du service proposé”. 

J’avais observé avec amertume qu’une telle façon de voir les choses relève d’un libéralisme faux-nez. A mon sens, la condition normale “ originelle” du médecin “libéral” aurait dû être celle de la liberté tarifaire absolue. Et aux médecins de poser de conditions ( drastiques et “dûmement controlées”) vis-à-vis de toute tentative de l’Etat de s’immiscer dans la relation médecin-patient ( y compris dans son volet financier): car il s’agit, en fin de compte, d’une relation parfaitement privée.  

Mais des décennies d’étatisme ayant fait leur travail de sape sur les moeurs et les cervelles, Mr Sarkozy passe pour un “libéral” alors qu’il nous offre une étonnante inversion de perspective: à ses yeux, la sujetion totale des médecins est devenue la normalité, et c’est l’Etat-maitre qui pose des conditions pour octroyer quelques miettes de liberté. 

Ironiquement (en profitant du passé récent), j’avais estimé que Mr Sarkozy raisonne en…Chef de Prison ! Avec, quand même, une certaine ouverture d’esprit: il est disposé à appliquer, par endroits, la LIBERTE CONDITIONELLE: les détenus méritants auront éventuellement une permisson le dimanche ! Pour aller à la messe ?.

 

Je suis trop susceptible ? Je cherche “ la petite bête” ?  Possible, mais, dans son discours à l’égard du MEDEF, Mr Sarkozy m’a offert un nouvel exemple dans le même sens. 

Il s’adressait, cette fois, aux entrepreneurs français. En leur disant qu’il est prêt à réduire leur charges, à “libérer le travail”, à...etc. etc. Bref, il est prêt à “jouer le jeu”. MAIS ( car il y a un “mais”!) les entreprises à leur tour doivent “ jouer le jeu” : elles doivent investir leurs bénéfices dans la recherche, etc. 

Réfléchissons bien: n’est-ce pas le même réflexe mental que plus haut ?

 A entendre Mr Sarkozy, nous avons le même rapport de forces : la sujetion totale des entreprises (privées!) à l’égard de l’Etat est la “normalité”. Réduire les charges, ne pas régenter les contrats de travail au sein de ces entreprises... bréf, libérer un peu le joug serait un “jeu” que Mr Sarkozy - bon prince! - veut bien tenter MAIS... en posant ses conditions !!! ( à prendre ou à laisser ?). 

Autrement dit, en cas de bonne conduite, nos entrepreneurs auront, le dimanche, un petit supplement de ration !

 

Il est évident que, par rapport au stalinisme, il s’agit là d’un « libéralisme outrancier »… Il suffit simplement de bien choisir le terme de comparaison, pour voir la vie en rose… 

 

Celà étant, le “libéralisme” serait-il un dogme ombrageux, et les “libéraux” des “integristes” ? Autrement dit, les pseudo-libéralismes ( comme celui de Mr Sarkozy) seraient-ils nécessairement mauvais ? 

Dans le cas particulier des entrepreneurs, il est facile de démontrer que oui.

 

a) Je ne reviens pas sur le frein au développement ( et à la croissance !) que représentent les charges lourdes: cela semble communément admis !

b) Diminuer les charges ( et, plus généralement, les contraintes) “à condition que”... revient à substituer une contrainte (la/les conditions posées par l’Etat sont des contraintes) à une autre ( celle dont on s’affranchit). 

Il n’y a pas plus de liberté qu’avant !

Par le biais des allégements sélectifs de charges, l’Etat continue à régenter sur les décisions et les orientations d’une entreprise privée. Si on admet qu’un “allégement de charges” – sélectif ! - est une sorte de “subvention" inversée – sélective, bien entendu ! -, on comprend que les orientations des entreprises seront biaisées: au lieu de répondre aux besoins du “marché” ( c’est à dire des consommateurs) elles prendront des décisions visant à... satisfaire les critères d’obtention de la subvention. Les dégâts économiques ( et, en fin de compte, humains) de cette disposition des choses ne sont plus à démontrer.

 

c) Mais, peut-être, cette fois, la/les conditions posées vont dans “ le bon sens”.

Il est vrai qu’investir dans la recherche parait “bien”.

 

Méfions-nous des apparences !

 

- d’abord, il est impossible de tracer une démarcation claire et pertinente entre dépense visant “la recherche” et dépense visant... autre chose !

Une petite étourderie permit à Flemming de découvrir la pénicilline, une semaine de vacances d’un employé permit la découverte de la cyclosporine... Et qui aurait accordé des “allégement de charges” ( car “investissements dans la recherche”) à Steve Jobs ( Apple) ou à Bill Gates ( Microsoft) dans les années ‘70, lorsqu’ils s’amusaient dans leurs garages respectifs à fabriquer des machines jugées inutiles par tout le gotha intellectuel de l’époque ?

 

Qui donc va juger, au nom de l’Etat, de ce qui, aujourd’hui, est un bon investissement pour le développement de demain ?

 Car faire La Recherche par l’Etat ou bien accorder des subventions d’Etat à la recherche privée revient au même: il s’agit d’allouer de l’argent public à telle ou telle “recherche”. Ce seront toujours des fonctionnaires - ou des Commissions savantes - qui devront décider d’allouer l’argent public à une activité... au detriment d’une autre activité!
Historiquement, la recherche “étatique” n’a jamais fait preuve d’une grande clairvoyance...

En parlant des débuts d’Apple ou Microsoft, il est intéressant de savoir ce que faisait l’informatique française – étatique ! – à la même époque. Sans être spécialement dédié à ce sujet, le livre de François de Closets « L’mposture informatique » nous en donne un bréf aperçu : on s’aperçoit que, à grands renforts de subventions et d’Instituts Nationaux, la France à systématiquement fait fausse route et a systématiquement raté tous les grands tournants ! Edifiant !

 
Le tort et la distorsion ne viennent pas de l’incompétence ( ou turpitude ?) des personnes appelées à prendre ces décisions: elles se trompent autant que vous ou moi... Le seul tort est de “priver de facilités” certaines activités ou investissements, jugés aujourd’hui “improductifs”. Car, sauf vôtre respect, tous ceux qui s’amusent à prédire l’avenir – en France ou ailleurs – se trompent autant que les autres ( voire plus, dans certains cas : on a même l’impression que plus ils se croyent « professionnels » de cet exercice plus ils se trompent...
Nous avons un exemple national frappant dans la personne de Mr Jacques Attali, dont le CV objectif et résumé devrait être :

-          a tout raté sur le plan pratique: conseiller notoire de Mitterand et donc partiellement responsable des orientations – délétères – du pays en ces temps ; président calamiteux de la Banque Européenne pour la Reconstruction et le Développement - BERD, sauvé par la bienséance politicienne ( de nos voisins européens) d’une véritable mise en accusation pour gestion calamiteuse et  dépenses fastuaires inconsidérées.

-          a tout raté sur le plan théorique : grand expert (auto-proclamé) en prévisions sur le devenir du pays, s’est systématiquement trompé dans ses prévisions : avec une régularité et un acharnement dans l’erreur qui forcent l’étonnement !

-          En bon énarque, il doit croire que chacun de ses « ratés » sont dûs à la petitesse morale et intellectuelle des gens autour de lui ( il l’affirma explicitement, pour ce qui est de son éviction houleuse de la direction de la BERD…).

-          Et, comme la France est, tout comptes fait, un terrain de jeu trop étroit pour son auguste pensée, il s’est recentré, depuis quelques années, sur les prédictions à l’échelle planétaire et à très long terme !

 

En récompense de ces immenses mérites, Mr Attali vient d’être récemment nommé à la tête d’une Commission ( une de plus !!! ) sensée nous éclairer sur comment retrouver la croissance et le plein emploi. Et Mr Sarkozy , fier de cette nomination, de nous affirmer qu’il exploite ainsi « les richesses humaines du PS » : drôles de richeses !
Enfin… je veux bien, si on nous assure que Mr Attali est là pour nous montrer … surtout ce qu’il ne faut pas faire ( c’est simple : quand Mr Attali dit que c’est bien on sait que c’est mauvais et inversement…)
.

 

En résumé, étant donné qu’il est impossible de prévoir quelle activité sera génératrice de progrés et que toute activité humaine - y compris le plus « méprisable »  des loisirs - est, potentiellement, à l’origine de grands progrés futurs, il s’ensuit qu’il faudrait  “subventionner” tout le monde et pour toute forme d’activité  !!

Ce qui revient à dire qu’il faut simplement réduire les charges sociales... sans aucune contre-partie. Pour toute forme d’utilisation des bénéfices !

Aussi simple que celà.


Autre argument:

 

Je rentre de Roumanie. Assez intéressant, actuellement, là-bas, le problème principal des entreprises locales est... de conserver les bon employés ! Sinon, ils partent ( chez les concurrents ou bien à l’etranger).
Ainsi donc, la viabilité et la performance d’une entreprise peut passer, parfois, par de gros investissements en... salaires, tout simplement !

Un exemple simple qui montre que ce n’est pas seulement “la recherche” ( au sens etroit du mot) qui permet à une entreprise de durer et de grandir.

Or, allouer telle ou telle partie de son bénéfice “à la recherche”, telle autre dans la paye du personnel, telle autre dans la rénovation des bâtiments, etc., il s’agit là de décisions dont l’opportunité ne peut jamais être mesurée par de grands principes nationaux: cela dépend des conjonctures locales, des phases d’évolution internes et propres à une entreprise.... 

Un entrepreneur qui à beaucoup investi dans une nouvelle technologie - maintenant mise au point -, et qui envisageait, dans les années à venir, à consolider son réseau de distribution ou, plus prosaiquement, à rembourser la dette accumulée... le voilà pénalisé par les conditions de Sarkozy. Son concurrent qui, jusqu’à présent, avait nonchalamment “mangé” son bénéfice sans se soucier de l’avenir se mettra, lui, à faire  la recherche - aidé par les conditions de Sarkozy.  Résultat : le premier, en 2-3 ans, sera amené à déposer le bilan. Le deuxième va fleurir. Paradoxalement, on aura donc « sanctionné » l’entrepreneur prévoyant et on aura favorisé le fainéant ! Le seul tort du premier ? Avoir décidé de s’endetter pour la recherche selon les rythmes internes de son entreprise et non pas  en fonction des humeurs et des oukazes d’Etat. 

 

Tout cela pour dire que :

 

a)      toutes les formes de dépense des bénéfices – recherche, paye du personnel, petits-fours ou voyages au soleil - peuvent se valoir et que le seul décideur en droit est… le propriétaire de l’entreprise.
Toute intervention de l’Etat visant à influencer ce type de décision est d’abord moralement inacceptable.
De surcroit l’Etat, en décidant arbitrairement que telle forme de dépense est préférable à une autre, ressemblera à un éléphant dans un magasin de porcelaines : beaucoup de dégâts pour peu de bien. Comme toujours, ce sera « du mécanique plaqué sur le vivant ».

b)      Pour avoir droit aux « allégement de charges », nombreux seront les « travaux de recherche » dont l’utilité et la pertinence seront à l’évidence nulles dés le départ, mais dont le grand mérite sera de satisfaire aux critères du formulaire CERFA afférent.
Je peux citer, de nos jours, maints projets municipaux qui ont dévié de leur objectif initial au point de changer totalement de nature et ce, uniquement afin de « rentrer dans les critères » d’obtention de telle ou telle subvention. Bien entendu, le résultat final n’apporte rien à la communauté – alors que les projets dans leur forme initiale auraient pu au moins répondre à un besoin… Rien ne permet de penser que l’allégement de charges pour « la recherche » n’introduira le même type de distorsion dans l’allocation de l’argent par les entreprises.

 

 

En somme, je me permets de croire que l’interventionnisme étatique, le « volontarisme énergique » dont fait preuve nôtre jeune (et charmant !?)  président Mr Sarkozy nous prépare quelques gros dégâts. Et des déceptions à la mesure des espoirs suscités ( espoirs qui, à mon sens, ont peu de fondement…).

Au risque de me répéter, je vois le "Directeur de Prison" - un peu moins absurde que les précédents, certes - je ne vois toujours pas le "libéral"...

Et je crois que, malgré les recriminations de « dogmatisme », les solutions authentiquement libérales restent, sinon les meilleures, du moins les moins mauvaises que l’on puisse imaginer.


Actuellement, les réponses vraiment libérales manquent cruellement dans les discours du pouvoir en place…

Par Andrei LUDOSAN - Publié dans : ludosan
Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires
Lundi 18 juin 2007 1 18 /06 /Juin /2007 13:33
Aurelien Veron, vice-président d'Alternative Libérale, vient de publier un article fort intéressant le 14 juin 2007. ( voir article)

Si on va dans le détail, il y a peut-être des points sur lesquels mes nuances auraient été différentes. Mais... il s'agit de nuances...

Un homme qui sait se remettre soi-même en question a toute mon estime. D'ou le titre de cet article.

Pour ce qui est de David... je n'en sais rien. Ou bien, Aurelien a peut-être appris un vieux dicton roumain disant: "Frappe la selle pour que la jument comprenne!"   ???
Par Andrei LUDOSAN - Publié dans : ludosan
Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires
Mardi 29 mai 2007 2 29 /05 /Mai /2007 00:07
Les établissements médicaux sont d’excellents lieux de “propagande”: le personnel y “oublie” (mais il s’agit d’oublis volontaires) ses revues.
Ainsi, je trouve régulièrement à une place d’honneur (au dessus de la pile de journaux médicaux... que personne ne lit !) l’excellente revue Politis.
A l’évidence, il s’agit d’une publication gauche et rouge. Même trés gauche et trés rouge !
(pour plus d’info, consulter le site www.politis.fr)

Et je lis, par exemple, dans le numéro du 17 au 23 Mai 2007 un article sur:
“Gauches européennes: la crise d’identité”
Je passe sur le contenu (qui essaie de trouver une solution de survie pour “les forces antilibérales”) et vous présente l’illustration qui accompagne l’article.





Ca parait vachement documenté, ce truc truffé de pourcentages !

Mais ce qui me surprend le plus, c’est l’Europe qui y est présentée. Apparemment, l’auteur de l’article vit toujours avant 1989... ( la partie coloriée et pour laquelle il nous avance des chiffres étant, en gros, l’Europe de l’Ouest telle qu’elle était avant la chûte du mur de Berlin).
Terriblement actuelle, la pensée des auteurs de Politis !

En fait, ça ne correspond à rien, cette carte: vue l’absence de chiffres pour la Suisse, on se dit qu’il s’agit de l’Union Européenne d’il y a 10-15 ans. Auquel cas... qu’est-ce que la Norvège vient y faire ? Et pourquoi ignorer la Finlande ?

L’honnêteté intellectuelle de "l'intelligentsia" de gauche m’a toujours impressionné.

Par Andrei LUDOSAN - Publié dans : ludosan
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Mercredi 25 avril 2007 3 25 /04 /Avr /2007 10:08
Si le lecteur acquiesce aux propos exposés précédemment, tout autre débat devient secondaire...
Examinons toutefois les raisons “ponctuelles”, “tactiques” et “stratégiques”...

Ce que l’on a gagné

a) “obtenir un coup médiatique”. Il s’agit là d’une idée devenue obsessionelle: depuis des mois, la seule et unique mesure du “succes” du parti est devenue “le nombre des passages média”.  Unité de mesure... “nombriliste - parisienne” s’il en est !
Mais, surtout, complétement déconnectée de la réalité. Je crois d’ailleurs que, à ce propos, de nombreux autres naifs tombent ( et tomberont) dans le piège de ce “mirroir aux alouettes” que sont les plateaux des chaines de télévision: au même titre que “la classe politique”, les rédactions des chaines de télévision françaises et les “grands” journaux nationaux sont devenus des mondes factices, vivant en vase clos, dans une bulle dont la seule fonction est de fabriquer et entretenir des illusions de grandeur et des glorioles d’un jour... Les chûtes dans la réalité sont souvent amères, ensuite...
Il n’y a que le petit gotha “parisien” pour croire encore que “Le Monde” donne encore le ton de la pensée ( unique ?) dans ce pays. Ni même le JT de 20h de TF1 n’a plus ce “monopôle”...

Le “coup médiatique” fut... une brève information: logé à la même enseigne que l’excellent ragoût préparé par Madame Dupin pour ses voisins, lors de la kermesse villageoise de Percheville sous Bois...


En plus, comme il était prévisible, personne ne se soucia du distingo subtile entre “raliement” ( total ?) et “soutien ponctuel et circonscrit”. La seule chose que la presse diffusa ce fût que “Alternative Libérale soutient Bayrou”. 

D’accord, ces journalistes médiocres simplifièrent le propos jusqu’à le dénaturer... Cela étant, ils font ainsi... depuis des décennies !
Les grands experts és communication d’Alternative Libérale auraient-ils eu la naiveté de croire qu’ils éviteront, eux, ce que tant d’autres avant n’ont pas pu ( ou su) éviter ? Si oui, il y a là une preuve d’immodestie proprement effarante...

b)  La proportionelle aux législatives. Est-ce donc si vital pour le libéralisme ?
- sur le plan purement conceptuel: c’est presque contraire à l’esprit du libéralisme. Je me permettrai d’expliquer cette affirmation dans un message séparé.
- “tactiquement” parlant:  Bayrou ou pas, cette proportionelle, à supposer qu’elle soit promue, ne sera effective que... dans 5 ans !
Sauf à croire que, Bayrou au pouvoir, fait voter dare-dare cette disposition et, dans la foulée, dissout l’Assemblée pour provoquer de nouvelles législatives !
Et que tout ça ( changement du mode de scrutin, dissolution) passera comme une lettre à la poste ! Allons donc...

Or, si la proportionelle ne sera effective que, au mieux, dans 5 ans, il y avait, d’ici là, mille et un moyens de “peser” en faveur de ce changement, sans ce “coup” ( médiatique ?) et sans assumer les risques de ce “coup”.


c) “Stratégiquement” parlant ( nous dit-on), un parti libéral ne peut espérer faire la majorité à lui tout seul ( nombreux exemples européens à l’appui). Il doit donc faire des alliances ponctuelles pour faire passer des réformes qu’il juge utiles.

Soit !


Le raisonnement est parfaitement défendable pour un parti libéral qui:

- a une identité idéologique clairement définie dans l’esprit des électeurs (ce qui suppose des années de travail)
- a déjà des représentants au Parlement, élus pour leurs idées (et non pas pour avoir fait des compromis... avant même de se faire élire !)

Est-ce la cas d’Alternative Libérale ?



Ce qui a été perdu


De toute évidence, un petit parti qui, à moins de un an depuis sa création, s’attelle dans le sillage d’un “grand”, se voit compromettre toute chance sérieuse de croitre et de développer son identité propre.

Hélas, dans nôtre cas, cela a tendance à se confirmer.

A en juger d’après les réactions des communautés libérales (du moins d’après ce que l’on peut voir sur Internet) il n’y a pas une seule qui n’ait pas manifesté son dégout à la vue de cette manoeuvre.
Ainsi donc, Alternative Libérale a perdu l’espoir de voir grossir ses rangs par des libéraux authentiques et déjà acquis à la “cause” du libéralisme (alors que, parmi ces libéraux, à peine 10% avaient adhéré). Actuellement, l’espoir de convaincre les 90% est proche de zéro.
Qui plus est, une bonne moitié des adhérents initiaux sont... déçus ( et ce n’est là qu’un euphémisme)

Autrement dit, Alternative Libérale a perdu, d’un coup,
sa chance la plus certaine de croissance !


Y a-t-il, en revanche, des “tièdes” qui, du coup, seraient tentés à adhérer, à la vue de ce côté “arrangeant” d’Alternative Libérale ?
On peut en douter: pour faire du “centrisme” ( entendu comme une bouillabaisse de “gauche” et de “droite” sans aucun fil conducteur)... il y a l’UDF, nul besoin d’en rajouter.



Bilan global de l’opération:
bénéfice zéro, dégâts immenses !


Qui plus est, tout ceci était parfaitement prévisible !
Qui plus est, la victoire de Bayrou n’aurait rien changé à ce scénario!


Si Alternative Libérale - en tant qu’étiquette - n’est pas morte, sa chance de représenter le libéralisme est certainement enterrée. Du moins ,dans la configuration actuelle.

Par Andrei LUDOSAN - Publié dans : ludosan
Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires
Créer un blog gratuit sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus