Suite au premier débat télévisé entre les 3 candidats socialistes à la présidentielle
Petit rappel:
Hubert Vedrine, grand semi-docte socialiste és politique internationale, avait lancé le "concept" (en réalité il n'y a aucun concept) de "hyper"-puissance au sujet des USA. Ca a fait furreur! ( voir commentaires de JF Revel à ce propos, dans L'obsession anti-américaine).
Dans la même veine, du mot qui cloue au poteau de l'infamie ( bien que vide de tout sens), nous connaissons tous les:
- "ultra" libéralisme
- libéralisme "sauvage"
- "tyranie" du marché
etc.
Voilà que hier soir, nôtre Lolo national (Laurent Fabius), dans un élan de pensée marxiste (il était question, par exemple, du "conflit entre travail et capital") nous a sorti le "hyper-capitalisme" !!! Et je vous jure, on sentait dans sa voix et dans ses yeux toute la terreur exaspérée que cette expression devait véhiculer!
Pour le reste... entre keynesianisme de pacotille ("il faut augmenter le pouvoir d'achat pour soutenir la croissance") et fumisterie conceptuelle ("le but c'est le social, la méthode c'est la démocratie", ou bien " le capitalisme d'antan était industriel, celui de nos jours est financier")...j'ai éteint la télé aprés moins de 10 minutes.
Un vieux dicton britannique dit que si un oeuf est pourri, il n'est pas nécessaire de le manger en entier pour s'en apercevoir!
Par Andrei LUDOSAN
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Pour rappel: début 2006, une usine (Toyal) située au fond d'une vallée des Pyrenées ( à Accous) veut s'agrandir. Pour des raisons topographiques, elle envisage un nouveau site, à Lacq ( terrain plus plat, acces aux axes routiers).
Le député Jean Lassalle, fort chagriné par cette "délocalisation" se met à faire la grève de la faim au beau millieu des couloirs de l'Assemblée Nationale. Cela durera 39 ou 40 jours, obligeant le Gouvernement à s'en mêler.
Résultat: Toyal va rester à Accous. Le surcoût de l'agrandissement sera payé par l'Etat Francais.
A l’heure ou je me mets a ecrire ces lignes, nous avons à peine appris que le combat du preux chevalier Jean Lassalle a été couronné de succes, au 39-ème jour: tout le gouvernement, solidaire, a bataillé pour cette victoire. Nous avons pu voir au Journal televisé:
- les “grands pontes” du gouvernement ( Gilles de Robien, par exemple) passer conforter et encourager Lassalle
- Sarkozy récoltant encore un “point” de popularité
- Francois Bayrou donnant dans le vibrato sollenel sur le thème du chevalier seul qui, a force de courage et de volonté, a triomphé des “Grands Mechants Barbares” (que sont, bien entendu, les industriels).
Je suis prêt à parier que, dans les jours qui viennent, nous aurons droit à une vraie “mise en légende”: outre les plateaux télé aux heures de grande audience, je prévois bientôt un block-buster à la francaise: “Le titan du Bearn”, etc. Lassalle s’installera (provisoirement, j’espère) dans la lignée de Jeanne d’Arc et autres salvateurs miraculeux de la chère Patrie...
Quelle pitrerie!
Sur la forme:
Personellement, je n’ai jamais compris en quoi la “gréve de la faim” est-elle contraignante pour “l’adversaire”. Si l’adversaire est un type purement froid et rationnel, il n-en aura rien à battre... “ Tu ne veux plus manger? Ben... t-es libre mon bonhomme, tu fais ce que tu veux de toi...”.
S’il a une “ame sensible”... celà revient à forcer sa pitié. Autrement dit, à faire du chantage sentimental. C’est la même chose que la pseudo-tentative de suicide des jeunes filles, lorsque le premier Jules volage les quitte. Dans tous les cas c’est ridicule: le plus souvent le Jules en question s’en fout. Pire encore, parfois le Jules revient (provisoirement, bien entendu)...par pitié ! La situation est, du coup, doublement degradante pour la jeune fille.
Sans parler de l’inutilité de la chose, sur le fond: la contrainte, par le biais du chantage sentimental, n’a jamais fondé des relations humaines dignes et, partant, durables.
Ainsi donc, le combat de nôtre Prométhée béarnais... n’est qu’un vulgaire (et degradant !) chantage sentimental.
Sur le fond:
- je suis d’accord avec vous tous: l’industriel en question (Toyal), comme tous les industriels, PENSE A L’ARGENT ! (là ou nous ne sommes plus d’accord, c’est quand on laisse croire qu’il y a du mal à celà, qu’il s’agit même du MAL ABSOLU).
Pour des raisons diverses et variées, Toyal a estimé que ce qu’il fait actuellement à Accous pourrait se faire à moindre coût ailleurs. Tant mieux pour lui (il gagnera plus) et tant mieux pour nous tous (nous aurons, nous aussi, ses produits moins chers). Ou est le mal?
Vue par un martien, cette race humaine qui se bat pour produire difficilement ( et donc à un cout élevé, pour peu de biens) au lieu de le faire facilement (et donc à un cout moindre, pour plus de biens) doit parraitre bien stupide... Celà revient à vouloir à tout prix cultiver des oranges en Alaska, tout en implantant des patinoires au Sahara ! C’est le “sisiphisme”, admirablement decrit par Fréderic Bastiat il y a déjà plus de 150 ans.
Il est donc évident que les “délocalisations”, à l’echelle de l’humanité, sont une bonne chose. S’y opposer relève soit de la stupidité la plus crasse, soit de l’égoïsme le plus étroit, soit des deux à la fois. (je suis sûr que les José Bové, Attac et autres “alter-mondialistes” apprecieront mon style: direct, concis, sans fioritures!)
Il me faudrait un peu plus d’espace pour démontrer que même les apparents “perdants” dans ces délocalisations sont encore plus perdants quand ils se crispent pour conserver, au-delà du raisonnable, des activités qui, au fond, sont non-rentables. En bréf:
- aucune activité qui, par elle-même, entraine des pertes (et non pas des gains) ne peut durer. Tot ou tard, c’est la faillite.
- plus on anticipe cette faillite, plus on se donne du temps pour virer sans heurts vers d’autres activités, rentables. Inversement, perséverer dans l’erreur en ajournant l’échéance ne fait que rendre la fin plus brutale et douleureuse. Cela est vrai à titre individuel, et mille fois plus vrai à titre collectif: une collectivité (fut-elle canton, région ou pays), peut plus facilement gérer quelques problèmes sociaux tous les ans que la majorité de sa population se retrouvant en situation de detresse brusquement, du jour au lendemain.
Autrement dit, refuser l’évolution des activités économiques revient à refuser quelques petits tracas aujourd’hui (reconversion professionelle, changer ses habitudes, etc.) sachant pertinamment (mais le sait-on vraiment?) que celà débouchera sur un trés gros pépin dans quelques années.
Et, comme à l’échelle d’une collectivité les délais sont plus grands (la dimension des catastrophes finales aussi!) celà revient à refuser des petits tracas aujourd’hui pour... léguer à ses enfants une grosse m....
Le cas de la dette par habitant en France est, à ce titre, exemplaire: elle sera payée par les enfants de ceux qui l’ont faite. Les coupables de la dette seront pour la plupart à la retraite, et iront toutes les semaines défiler Place de la République pour défendre le “maintien de leur pouvoir d’achat”: comme toujours dans les affaires “collectives”, chaqu'un pense que la société lui doit plus...
- le maintien artificiel d’activités économiquement non-rentables se fait grace à des subventions d’Etat. Le cas présent ne déroge pas à cette regle: il a été clairement dit que pour le maintien de Toyal à Accous, l’Etat va payer le surcoût !
Or, pour ceux ( nombreux, hélas!) qui l’ont oublié, je rappelle que l’Etat ne produit, par lui-même, aucune richesse: sa seule ressource est l’argent qu’il prend ( aurais-je dû dire “pique” ? ) dans nos poches par la contrainte (impôts et taxes). En clair, le maintien artificiel (par subventions) d’une activité non-rentable ne peut se faire qu’en alourdissant aussitôt l’effort des autres.
Résumé: pour ne pas exposer, pendant les quelques années suivantes, quelques milliers de francais seulement( les gens d’Accous) aux “affres” du changement ( donc pour leur préserver le confort douillet de l’immobilisme) on a décidé:
- de demander, tout de suite, aux autres millions de francais - exposés, eux, aux angoisses de la mobilité professionelle et aux contraintes du marché - de suer encore plus ! Il faudra m’expliquer ou est l’éthique dans tout ca.
- de préparer aux enfants d’Accous ( et de toute la France, par ricochet) des lendemains franchement noirs ! Il faudra m’expliquer ou est la générosité, ou est la responsabilité dans tout ca.
Mais, dira-t-on, nous devons préserver en France, fut-ce au prix de subventions, des activités industrielles, pour des raisons stratégiques !
Outre le fait que cet argument de l’intérêt stratégique est, dans l’immense majorité des cas, une fumisterie qui se pare des vertus du patriotisme, dites-moi, l’ennemi odieux, aux mains desquels nôtre Zorro béarnais - et nous tous avec - n’avons pas laissé tomber un grand fleuron de l’industrie stratégique, cet ennemi donc, c’est qui ? Dieu, mais c’est... cette horrible ville de Lacq ! Si vous regardez sur une carte, Lacq semble francaise... mais il faut croire qu’elle a declaré récemment son indépendance (et même son hostilité!) à l’égard de la France, sinon on ne comprend plus rien à cet effort hystérique et national pour garder l’usine Toyal à Accous.
Mais si Lacq est toujours francaise, quelqu’un peut-il nous expliquer pourquoi les gens d’Accous méritent-ils les efforts de la nation, au detriment de ceux de Lacq ?
Cet épisode (la grève de la faim de Mr. Lassalle et ses raisons) est proprement de la caricature. Hélas, elle en dit long sur le marasme intellectuel de tous ceux qui l’ont prise au sérieux: Mr Lassalle, classe politique, médias, public francais.
Par Andrei LUDOSAN
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Je persiste à croire que les meilleures démonstrations se trouvent dans les faits de tous les jours. A condition, bien sur, de vouloir regarder autour de soi.
Il ne s'écoule pas un jour, en France, sans qu'on nous dise que la liberté individuelle aboutirait à "la loi de la jungle" et aux pires atrocités ! "Le marché libre c'est la jungle, la civilisation c'est de le controller" dit un jour ( fort doctement) Mr Edouard Balladur.
Y a-t-il des exemples concrets ?
Ben... oui, il est sous nos yeux tous les jours: je parle du marché libre qu'est eBay !
C'est un marché dans le sens le plus basique du mot: on y echange des valeurs contre monnaie sonnante et trébuchante ! Fait particulier: son support (Internet) le rend invulnerable à toute forme de "contrôle administratif". Aucune autorité ne vient imposer les prix, les heures d'ouverture, on "solde" sans aucune autorisation préfectorale....
Ca devrait, selon Mr Balladur, être une jungle abominable...
Or je constate que:
- eBay se développe fort bien et attire des millions de gens tous les jours
- le nombre de fraudes est particulièrement faible, eu égard au nombre de transactions
- surtout, il y a peu de fraudes alors même que, dans des limites assez larges, il n'y a pas de punition judiciaire: la seule sanction possible est de se créer une mauvaise réputation. (Rarement, on se fait exclure du site!)
Point de Police, point de Code Civil ou Penal, point de Prisons.... selon les apologétes et défenseurs du rôle indispensable de la "contrainte légale" (l'une dés définitions de "l'Etat"), ca n'aurait jamais dû marcher !
"Et pourtant ca tourne"... ca tourne même trés fort !!!!
Le cas de eBay nous montre donc que:
- des regles de Droit naissent spontanemment en condition de liberté individuelle
- nul besoin d'Autorité qui dise ( du haut de son Autorité) ce qui est Bien et ce qui est Mal
- l'immense majorité des gens respecte naturellement les regles ainsi nées (nul besoin d'Autorité repressive pour ce faire)
La liberté individuelle et surtout l'égale liberté des individus n'aboutissent donc pas du tout à "la loi de la jungle" et encore moins à l'absence de regles... Les Faits prouvent donc le contraire de ce que nous disait Mr. Balladur ( mais se soucie-t-on des faits, quand on est "Haut Fonctionnaire"?).
Mieux encore, les regles ainsi nées sont percues comme "justes" - et donc spontanemment respectées - par une majorité tellement ecrasante que celà permet de faire l'économie de presque tout appareil judiciaire et/ou repressif ! Ce qui n'a jamais été le cas des regles édictées par l'Administration, qui nécessitent toujours un lourd ( et coûteux!) appareil normatif et repressif pour être respectées.
Mais on peut comprendre le point de vue de Mr Balladur ( et autres "Hauts Fonctionnaires" comme lui): admettre la preuve des Faits reviendrait à admettre que leurs prérogatives sont rigoureusement inutiles - voire nuisibles! - pour le bien-être de la population.
PS
La preuve par les Faits existe aussi en sens inverse. Un marché totalement "controllé" a existé: il s'appellait l'URSS ! Ses "bienfaits" ne sont plus à démontrer.
Par Andrei LUDOSAN
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Merci à Nicolas pour m'avoir transmis cette image (dont je ne connais pas l'auteur...)
Par Andrei LUDOSAN
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Extrait d'un dialogue par mail
(mon interlocuteur n'est pas un libéral, mais son ouverture au dialogue est tout à fait remarquable)
Son texte est en rouge, le mien en vert.
Je vous glisse juste un mot en réponse : souvent, vous prenez comme contre-exemple les mondes collectivistes, comme si je les prenais moi-même en référence? Il n'en est rien, bien sûr : je tiens ces régimes en exécration et je me garde bien de toute tentation collectiviste comme de toute police de la pensée. Cependant, je tiens à l'État comme gendarme régulateur pour empêcher les plus forts et les plus riches de semer la terreur parmi les plus faibles, parce que je ne vois pas d'autre moyen plausible, tout simplement.
Je suis sûr qu'on va arriver, sinon à tomber d'accord, du moins à rapprocher nos points de vue ;o)
Au plaisir de vous lire à nouveau.
Amicalement.
Vôtre phrase mélange, à mon avis, deux affirmations distinctes:
- - un Etat "gendarme régulateur" : probablement oui. Je dirais un "arbitre" qui nous assure que la même regle est appliquée à tous les joueurs, en toute circonstance.
- - "pour empêcher les plus forts et les plus riches de semer la terreur parmi les plus faibles"...là.... ca se discute.
En caricaturant, je vous demanderais: pensez-vous que le rôle d'un arbitre est aussi de...limiter la différence de score? Doit-on promulguer une limite de cette différence, limite qu'aucun match ne doit dépasser ? Et si oui, par quels moyens y parvenir? D'abord, qui va définir cette limite? De quel droit ?
Ou autrement: sachant que mon souhait est également de ne plus voir des gens asservis, le meilleur moyen est-il:
1. De promouvoir un "Père Tutellaire" qui les "protège" en toute circonstance ( autrement dit, qui déresponsabilise le plus grand nombre) ?
ou bien
2. D'assurer le strict respect d'une regle, présumée "juste" ?
Si cette deuxieme solution vous parait préfèrable, quelle serait cette regle "juste" ?
Moi je n'en connais qu'une: EGALITE des droits INDIVIDUELS !
Et, que je sache, le premier de ces droits individuels est... le droit de disposer de sa propre personne. Ergo, le droit de disposer souverainement des "valeurs" qu'on produit, autrement dit le Droit de Propriété Privée !
Donc, tant que c'est moi qui décide contre quoi j'echange mes "propriétés", il n'y a aucun problème. Ce qui veut dire que je ne m'oppose nullement à ce que quelqu'un donne aux autres ses "valeurs" gratuitement: ce qui m'importe c'est qu'il s'agisse de SA décision.
Or, comme je le disais déjà, un echange entre personnes libres s'appelle un "marché".
En revanche, quand le fisc vient me prendre une partie du fruit de mon effort:
- il use de la contrainte
- il m'offre, en contre-partie, le bénefice des "services collectifs": la nature et le montant de cette contre-partie sont imposés, je ne les choisis pas librement
Appelleriez-vous ça un "marché" ? Moi j'appelle ça un "chantage" , et structurellement rien ne le distingue des chantages que les gangs de New York imposaient aux petits comerçants.
Par ailleurs, la vertu dont se pare l'Etat, à savoir celle d'agir au nom du "bien collectif", est fasse à plusieurs titres:
- philosophiquement parlant, ce "bien collectif" (distinct et supérieur aux biens individuels, et non pas une simple résultante à postériori de ceux-ci) est une fumisterie.
- même si ce "bien collectif" est défini le plus démocratiquement au monde, il n'en reste pas moins un acte tyrannique, exercé au nom de "la majorité" contre certains individus.
- je ne connais aucun cas ou ce "bien collectif" ne soit pas, en réalité, l'alibi des gouts et preférences (fort personnelles et individuelles ) des individus placés au "pouvoir". La bien-nommé dictature du prolétariat est rapidement devenue, partout et toujours, la dictature des nomenklaturistes. Ergo: on déteste le système quand on est "en bas" et on l'adore quand on est "en haut" ( voir, à ce propos, la différence entre ce que Mitterand pensait en 1965 - "Le Coup d'Etat permanent" - et ce que Mitterand fit, une fois au pouvoir).
Le respect donc de la Liberté des Individus est synonyme de respect de la Propriété Privée. Par conséquent, toute intervention autoritaire (Etat) pour faire de la "redistribution des richesses" est un outrage à la Liberté individuelle et la voie ouverte à toutes les dictatures.
On peut vouloir limiter " les inégalités" ( inégalités de richesse, car c'est de celà qu'il s'agit, vous le dites explicitement). Mais pour ce faire, on doit inevitablement user de la contrainte, donc de la tyrannie, à l'égard de certains individus. Il devient, du coup, difficile de clamer en même temps son attachement à la Liberté des hommes (sauf à decréter que, au délà d'un certain niveau de richesse, on est déchu de ses droits humains...).
L'Etat ne peut exercer cet acte tyrannique qu'au nom de la "Collectivité" (cas des social-démocraties) : il devient, dés lors, difficile de nier son attachement à une forme de "collectivisme".
Certes, on peut se declarer "pour la Liberté... dans certaines limites", donc "pour le collectivisme... dans certaines limites". Ca sonne "équilibré" et fort sage mais... c'est un sophisme intellectuel: la "limite" en question signifiera simplement le seuil au-delà duquel "la majorité" peut attenter à la propriété, donc à la liberté de certains individus.
Qui donc va définir cette limite? "La majorité" (par le biais du vote) ? Voilà une affaire ou cette "majorité" est à la fois juge et partie! Autant dire qu'il n'y a, de facto, aucune garantie pour les individus puisque toute nouvelle "majorité" aura le droit de deplacer "la Limite" au gré des humeurs du moment (en pratique, au gré des humeurs des personnes au pouvoir).
Moralité:
1. OUI, on a probablement besoin d'un Juge pour garantir et appliquer le Droit. Et dans l'état actuel de nos références culturelles et morales, la Liberté INDIVIDUELLE me semble être la valeur suprême à défendre.
2. Dés l'instant ou quelqu'un (ou une "collectivité", y compris l'Etat) àcqiert le droit d'attenter "légalement" à la propriété des individus, toutes les dérives sont possibles (et surviendront surement!). Surtout, on nie par là-même la primauté de la Liberté INDIVIDUELLE.
Donc NON, l'Etat ne doit, idéalement, pas faire de la redistribution de richesses.
Par Andrei LUDOSAN
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Toute la presse bien-pensante en France (et je ne connais aucun média qui ne le soit pas...) nous parle des "inégalités" qui se creusent et qui sont de plus en plus "intolérables". Celà va depuis les riches et les pauvres en France jusqu'à l'opposition entre le Nord (riche) et le Sud (pauvre) au niveau mondial...
Pourtant, certains économistes ( mais ce sont des "réactionnaires", à la solde des capitalistes américains, n'est-ce pas?) ont tendance à nous montrer que ce n'est pas si vrai...
Mais mon problème n'est pas là, aujourd'hui.
Admettons, dans un premier temps, que certaines différences de richesse seraient "intolérables".
Voyons des exemples:
La fortune d'une star du foot, ou bien celle de Bill Gates sont immenses. Pourtant, ces fortunes-là ne suscitent presqu'aucune révolte populaire!
En revanche, on a hurlé au loup pour l'appartement de fonction de je ne sais plus quel ministre, et on crie au scandale pour l'attribution suspecte de logements HLM à tel ou tel protégé. Et on est souvent dubitatifs quant à la "légitimité" du RMI pour des personnes qui passent, par ailleurs, leurs journées plus au bistro qu'à la recherche d'un emploi...
Or il est évident que ni le RMI, ni un appartement HLM (ni même le fameux appartement de fonction ministeriel...) ne sont pas des fortunes comparable à celle de Bill Gates.
Ces réactions "affectives" (indifférentes à la fortune de Zidane, mais outrées par un 3 pièces en HLM !) seraient-elles donc une preuve (parmi tant d'autres ?) de l'imbécilité patente du bon peuple ? Ce qui légitimerait, accessoirement, la nécessité de ne pas laisser de tels ignares faire ce qu'ils veulent: une élite bienveillante et soucieuse du "bien public" ( énarques et autres fonctionnaires) se chargera de dire ce qui est bien ou non pour les francais !
Mais si c'était "l'élite" médiatique et politique qui avait tort?
Car, personellement, j'ai la faiblesse de croire encore au bon-sens "naturel" des gens.
Celà voudrait dire alors que dans un cas (Bill Gates, dans nôtre exemple), la fortune, fut-elle immense, est jugée légitime car acquise dans le cadre de l'interaction de volontés libres et égales ( des "marchés") alors que dans l'autre cas ( l'appartement de fonction du ministre) la fortune, fut-elle petite, est jugée illégitime car acquise au gré de "privilèges" et de droits inégaux.
Vues sous cet angle, les indignations "populaires" deviennent brusquement compréhensibles et parfaitement cohérentes et logiques !
Si le lecteur n'en est pas encore convaincu, je le prie de regarder autour de lui: parmi ses voisins, ses connaissances... Ou même dans sa propre vie: le scooter ou bien le téléphone portable du loubard du coin vous font souvent penser que le monde "ne tourne pas rond": pourtant, ils ne valent même pas un dixième du prix de vôtre voiture ou de vôtre maison ! Etes-vous un "monstre sans âme" ? Ou bien, plus simplement, vous n'aimez pas les richesses (petites ou grandes) que vous jugez imméritées?
Ce qui compte donc, ce n'est pas la taille d'une fortune, mais la facon dont elle est acquise !
Pour reprendre la comparaison avec le foot ( déjà présente dans mon article Etat: juge ou dictateur?), j'observe, une fois de plus, qu'on est moins dégoûtés par des victoires ou des défaites "ecrasantes" que par les matchs truqués (ou mal arbitrés...).
N'en déplaise aux gauchistes de toute tendance, ce n'est pas "la richesse" qui pose problème mais "l'injustice". Les deux notions ne sont pas du tout synonymes.
Il est dommage que, sur un point aussi important, toute une élite se complaise depuis des décennies dans la confusion et l'amalgame: ça relève pourtant d'une logique élémentaire !
A se demander même si nos "directeurs de conscience" se trompent innocemment ou bien ils nous mentent sciamment !
Par conséquent, ce qu'on doit attendre (et exiger!) de la part de l'Etat c'est la Justice et non pas "la Lutte contre les inégalités".
Quand on a du talent, quand on travaille, il est normal et sain de gagner plus que celui qui passe ses journées au bar d'en face ! Sinon, pourquoi pousser nos enfants à s'instruire ?
La "Lutte contre les inégalités" est une imbécilité, totallement immorale de surcroit !
Par Andrei LUDOSAN
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Au sujet du livre "Essai sur la non-bataille" de Guy Brossollet, Editions Bélin - 1975
Il s'agit d'un livre apparemment assez rare ( bien que disponible encore, sur http://www.livres-chapitre.com/-D1PYM0/-BROSSOLLET-GUY/-ESSAI-SUR-LA-NON-BATAILLE.html
Ce livre met en doute l'efficacité du modèle miltaire français, tel qu'il était au début des années '70.
Pourquoi je cite ce livre ? Parce que l'essentiel des critiques portées par Mr Brossollet sur le "système défensif" ( il s'agit, je répéte, de celui des années '70, je ne connais pas son éventuelle évolution) est, à mon sens, une critique de nature profondemment humaniste et libérale.
En gros, il estime que le soldat réduit à la condition d'instrument censée executer mécaniquement les ordres venus "d'en haut" est "un pantin, avec une arme, sorti d'une boite".
Et le modèle défensif que proposait Mr Brossollet est, au fond, un modèle "libéral": à la place du système centralisé et pyramidal "classique" il propose une sorte de modèle de "guerilla" ou la DECISION des action à menér sur le terrain appartiendrait.... aux individus sur le terrain !
Je me permets de citer un bref passage du livre (serait-ce une "profession de foi" de l'auteur?):
."Notre remise en cause des structures dépasse donc le contentieux purement technique ou tactique. Elle cherche à revaloriser l'homme engagé dans la défense de son territoire, à personnaliser son action, à lui donner un rôle de citoyen responsable et non plus seulement d'executant, à solliciter son intérêt et son initiative.
Cet homme à replacer dans des structures nouvelles, c'est l'individu lassé de n'être point considéré."
Je suis incapable de me prononcer sur la validité technique des considérations de Mr Brossollet.
Mais ce que je trouve remarquable c'est qu'un modèle basé sur des INDIVIDUS AUTONOMES (et par conséquent RESPONSABLES) a pu paraitre supérieur (car plus efficace et moins coûteux!) au modéle "classique" (centralisé, hyerarchique) même dans un domaine ou le dogme de la hyérarchie décisionelle semble inattaquable.
Pour ceux que ce type de sujet intéresse, pourquoi ne pas essayer la lecture de l'ouvrage de Guy Brossollet ? D'autant plus que la recherche sur le nom fournit, entre autres, l'article suivant:
http://www.armedforcesjournal.com/2006/10/2069044 La manière dont cet article se réfère au livre de Mr Brossollet laisse à penser qu'il n'existe pas des tonnes d'ouvrages dans cet esprit.
Je ne sais pas s'il s'agit d'une utopie ( je ne suis pas militaire, il s'agit d'un livre que j'ai lu par un pur hasard). Mais remarquons, je le répète, qu'il existe donc un modèle "libéral" même en ce qui concerne la défense nationale. Et que ce modéle s'attribue, dans son domaine spécifique, les mêmes vertus que le libéralisme en général:
- respect et mise en valeur des individus, de leurs capacités de création et de décision
- meilleure efficacité, pour une facture globale moindre
(Le chapitre qui analyse le pourquoi de l'inefficacité des décisions prises "en haut" dans le système centralisé pyramidal pourrait d'ailleurs être transposé sans changer un mot à l'économie: on croit par moments lire " La Route de la Servitude" de Friedrich Hayek)
Par Andrei LUDOSAN
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