Vendredi 8 février 2008
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Premières impressions...
C’est un tigre en papier. La pretendue “audace” ou “radicalité” du propos est un effet de manche.
Elle ou, cette “radicalité” ?
a) dans le constat (la France comme pays de privilèges, de castes et de corporatismes)? Ce n’est plus une nouvelle, ni même pour le moindre balayeur de rues. Tout le monde le sait, depuis fort longtemps.
Pour l’anecdote: il y a bientôt 20 ans, j’arrivais en France depuis la Roumanie de Ceausescu. Etant étudiant en médecine mais sans aucune ressource, je travaillais - la nuit, les WE - pour gagner ma vie. Les boulots habituels du genre: veilleur de nuit, agent d’entretien, livreur de marchandises à domicile...
Comme, à l’époque, mon pays natal était une sorte de “terra incognita” aux yeux de beaucoup, j’essayais de raconter à mes collégues de travail ce que c’était le totalitarisme, le pouvoir confisqué par une “caste” d’apparatchiks... Un soir, un de mes collégues, aprés m’avoir écouté longuement, conclut: “Bof... ici c’est pareil. La-bas c’est “Ferme ta gueule!” ici, c’est “Cause toujours!”.
Je répète, c’était il y a bientôt 20 ans...
b) Dans les propositions ? Aprés le constat - la cause de tous les maux est le dirigisme “d’en haut”, et la mainmise d’une “Nomenclature” sur toutes les décisions - on aurait attendu (logiquement, si j’ose dire) des remèdes visant justement à re-donner de la liberté de décision aux “petits”. Or la plupart des propositions visent... à nous expliquer ce que nous devrions faire et les mesures à prendre... par l’Etat, afin que nous fassions ce qu’il faut ! (peut-on laisser la “plébe” juger par elle-même de ce qui est bon au monde? Impensable!) En somme, on ne change pas le principe, on change juste les ”axes de développement”, les “téchniques de direction” et, éventuellement, de “Nomenclature”...
Certes, un bon nombre de mesures visent effectivement une “libéralisation” (propositions sur l’enseignement, liberté d’installation des commerces, réductions des “monopôles” professionnels, etc.). D’autres - au moins tout aussi nombreuses - visent en revanche à “pousser” clairement la société vers les objectifs (lumineux, à n’en pas douter!) définis par le Grand Sage ( objectifs scolaires, objectifs en nombre et taille d’entreprises, 10 Ecopolis, 10 Universités “mondialement reconnues”, etc.).
On clame haut et fort le désir de réduire les contraintes d’Etat. Pourtant, à côté de mesures allant effectivement dans ce sens on a droit à au moins autant de nouveaux “trucs” étatiques, destinés à “orienter” et “aider” les entreprises: historiquement, ces “Agences d’Etat” ont toujours montré leur tendance à employer beaucoup d’agents “conseillers” et presque jamais leur utilité. Comme toujours, “3 généraux pour 1 soldat”... (lire aussi "Les Rameurs de l'ENA" pour mieux s'impregner de cette technique managériale...)
Bref, s’il y a une première chose qui me frappe, c’est... l’incohérence conceptuelle de ce rapport.
Par Andrei LUDOSAN
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Publié dans : ludosan
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